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Jean-Michel Aulas : « Il faut faire revenir les gens au stade…. »

Publié le 17 février 2021 à 18:00:00
Jean-Michel Aulas : « Il faut faire revenir les gens au stade…. »
Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, a présenté ce mercredi 17 février les résultats semestriels 2020-21 d’OL Groupe, et fait le tour de l’actualité sportive du club.

L’impact économique de la crise et de la baisse des droits TV

C’est difficile de se comparer aux autres. Compte tenu de la poursuite des investissements structurels, l’élargissement de nos compétences sportives, le fait d’avoir poussé le sport féminin en France et aux Etats-Unis, cela nous donne une résilience beaucoup plus grande que les autres. C’est aussi pour cela que nous sommes conscients de nos forces et de nos faiblesses. Nous sommes prêts à repartir et sommes actifs dans la recherche de la réouverture de nos infrastructures. On est prêt à relancer et à relancer très fort. On estime qu’au-delà de l’année prochaine, les prochaines années devraient nous permettre de nous retrouver en ligne avec le projet développé depuis 5 ans et l’ouverture du Groupama Stadium.

 

 

L’impact de la crise sur le mercato

La situation de l’exercice nous impose d’avoir une approche réaliste. En début de saison on a fait partie des clubs qui ont continué d’investir, mais aussi de se renforcer de manière pertinente, sans investissement avec l’arrivée d’Islam Slimani. On ne peut pas imaginer que la préparation de l’année prochaine ne soit pas impactée par cette période. Le fait de participer à la Champions League nous amènerait à un certain nombre de revenus potentiels qui viendrait compenser ce qui nous a frappé cette année de manière un peu injuste. Indubitablement on sera obligé de tenir compte de cette période économique très déficitaire. Il faut se projeter dans une autre dimension, qui est la dimension de trésorerie, seuls les clubs qui résisteront à l’après COVID pourront survivre. Notre trésorerie nous permet d’envisager de vivre normalement et de pouvoir résister. La conjoncture n’étant pas bonne sur le plan économique, d’autres ne pourront pas le faire. Je pense qu’il y a des efforts à faire de manière collégiale pour permette à la filière football de ne pas disparaitre totalement.

 

 

L1 - Une réduction du nombre de clubs

Je pense que l’UEFA va pousser dans le passage à 18 clubs afin de permettre aux joueurs de ne pas disputer trop de matches. Les nouvelles compétitions mobilisent encore plus les joueurs internationaux, il faut que les championnats passent, dans le futur, à 18. Au-delà de la capacité à jouer des matches, il faut aussi tenir compte de la baisse de revenus des droits TV.

 

 

Les droits TV 

On réfléchit à tout ce qui permettra de rémunérer tous les clubs qui sont qualifiés en coupe d’Europe. Mis à part le PSG et Lille cette année, la récolte de points a été négative et cela remet en cause toute la négociation que l’on a eue cet été sur la réforme qui devrait permettre au cinquième pays à l’indice UEFA, la France, d’avoir 4 qualifiés en Champions League. On espère aussi que l’état va modifier la loi qui nous permettrait de disposer des droits TV sur une période beaucoup plus longue comme ce qui se fait en NBA ou en Premier League.

 

 

La proposition du protocole sanitaire pour un retour des supporters

On fait beaucoup de recherches sur toutes les initiatives qui vont permettre de contrôler à l’entrée du stade. Nous sommes pour toutes les technologies : des tests rapides, la vaccination etc… 20 à 30 % de la population peut être soit testée, soit immunisée. Le stade a aussi été conçu pour avoir une accessibilité facilitée. On va proposer tout cela à la préfecture et s’inspirer de ce qui se fait aux Etats-Unis et dans le monde pour contourner cette difficulté actuelle. Et on espère être identifié en tant qu’approche modèle. Le football est le premier sport populaire et tout ce qu’on voit amène à des situations individuelles et collectives qui ne sont plus soutenables. Il faut faire revenir les gens, au théâtre, mais aussi au stade !

 

 

Le staff en fin de contrat

Aujourd’hui l’OL fait partie des 4 clubs qui peuvent participer à la Champions League et même ambitionner d’aller vers le titre. Non seulement le staff reste est en place jusqu’au 30 juin mais il est aussi possible qu’il soit renouvelé. J’ai toujours dit qu’on discuterait à la fin de l’année en cours. Une accession en Ligue des Champions, voire un titre, apporterait un certain nombre de réflexion à notre ligne de conduite.

 

 

Baisse de la masse salariale du club

J’ai rencontré les joueurs et leur ai proposé des aménagements modulables. Dans un premier temps la possibilité d'intervenir sur la réduction de 25% du salaire au-dessus d'un montant minimum que nous avons fixé à 50 000 € mensuels, ce qui permettrait aussi aux jeunes joueurs de ne pas être impactés par cette baisse significative. Le groupe aurait la possibilité, sur les résultats sportifs obtenus, de récupérer tout ou partie de l’effort qui aurait été consenti sur cette baisse de leur rémunération. On espère aboutir, ce qui permettrait de réduire et d’optimiser notre masse salariale.

 

 

Hommage à Gérard Houllier

Pour honorer la mémoire de Gérard, trois directions ont été approuvées par le Conseil d’Administration. Le terrain du Groupama OL Training Center sur lequel évolue la Nationale 2 ainsi que les féminines va s’appeler Gérard Houllier. Ensuite, nous avons lancé un appel aux artistes pour la réalisation d’une fresque qui sera située au bout de l’Allée des Lumières. Enfin, un challenge avec Liverpool va être mis en place et concernera, pendant deux années au moins, l'équipe masculine dans un premier temps puis l’équipe féminine.

 

 

Memphis

C’est un joueur de grand talent qui apporte des solutions qui peuvent permettre à l’OL de se positionner tout en haut. Il peut être l’homme d’un grand bonheur pour l’OL. J’ai toujours souhaité que Memphis reste, on lui laisse exprimer ses ambitions et ses valeurs. On lui a fait des propositions qui n’ont pour l’instant pas été retenues. Jusqu’au bout on croit qu’il va renouveler pour la saison prochaine, et j’en serai très heureux.