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Jean-Michel Aulas au e-Think Sport : « Se réinventer et valoriser le foot français »

Publié le 28 janvier 2021 à 15:30:00
Jean-Michel Aulas au e-Think Sport : « Se réinventer et valoriser le foot français »
Jean-Michel Aulas est durant toute la semaine l’ambassadeur d’e-Think Sport 2021, 5ème édition de l'événement annuel organisé par News Tank. Il est intervenu en ouverture sur différents sujets en tant que président de l’OL mais aussi Président du Women’s Comité de l’ECA, membre du groupe de travail FIFA sur le football féminin professionnel et membre du comité exécutif de la FFF.

Une année 2021 très particulière

« Cette année 2021 est une année très particulière pour le sport. Pour le football français, c’est une année encore plus particulière, car elle vient après une année 2020 au cours de laquelle il a pris l’initiative de faire autrement que les autres grandes nations (en arrêtant définitivement les championnats). Il s’est donc mis dans l’obligation de réagir encore plus vite à cette pandémie. On sait désormais que pour le sport en général, plus rien ne sera comme avant. Il faut repenser l’organisation, la préparation… Et il va falloir aussi repenser le lien social qui a été brisé avec tous ceux qui aiment le sport. »

 

Les droits TV du foot français

« Je veux tirer un coup de chapeau à Vincent Labrune (président de la LFP) qui fait un travail remarquable et mène ces négociations, mais aussi à Marc Sénéchal (conciliateur nommé dans le conflit LFP-Mediapro). Ce duo a réussi une chose très difficile, à savoir délier le nœud avec Mediapro. Les présidents de clubs attendent du nouvel appel d’offres qu’on retrouve une sécurité dans l’approvisionnement en images car la relation avec nos partenaires et nos fans est importante. Sur le plan de la valorisation, nous attendons de retrouver peut-être pas la totalité de ce qui avait été obtenu avec Mediapro mais en tout cas ce qui va nous permettre de relancer notre activité, de survivre et de faire en sorte que nous puissions investir sur l’amélioration de notre produit. Il faut également se remettre en cause car le football français n’a peut-être pas fait ce qu’il fallait faire et surtout, n’a pas préparé l’avenir. L’obligation aujourd’hui est de se réinventer pour rejoindre les meilleures nations et clubs européens en matière d’organisation du football. »

 

Se réinventer et valoriser le foot français

« On se rend compte qu’il faut aujourd’hui réduire le nombre d'équipes de l'élite, aussi parce que l'UEFA le demande. On sait aussi que les fédérations le souhaitent car le nombre de matches des sélections nationales est de plus en plus important. Il y a donc un consensus à partir sur une organisation à 16 ou à 18, mais qui reverrait aussi le système professionnel. Cela doit permettre de resserrer l'élite pour avoir de plus en plus de matches attractifs. La valorisation à la TV ou via le digital vient de l’attractivité. Celle-ci doit permettre d’avoir du suspense jusqu’au bout de la compétition. On a aussi imaginé des phases de play-off comme un certain nombre de nations ou le Top 14 le font aujourd’hui. »

 

Le modèle économique de l’OL

« C’est un modèle qui vit essentiellement par lui-même, moins dépendant des aides des collectivités et de l’Etat. Il s’agit de faire en sorte de s’appuyer sur des infrastructures. Nous avons fait en sorte de diversifier avec des axes sportifs différents qui sont très bien gérés. Nous avons aussi une approche de divertissement qui vient apporter des solutions en matière de chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires lié au football représente aujourd’hui de 80 % du total de nos activités. Nous nous sommes aussi diversifiés à l'étranger en rentrant de plain-pied dans le soccer féminin aux Etats-Unis. Il s’agit d’un modèle résiliant car rentable. Les quatre dernières années ayant précédé la pandémie, le cash flow qui a été généré a été supérieur à 250 voire 300 M€, afin de constituer des fonds propres qui permettent de résister dans des périodes plus difficiles. »

 

LDLC ASVEL

« Notre relation avec Tony Parker ne se limite pas au basketball. On utilise ses compétences aux États-Unis, mais aussi en Chine. Nous avons essayé d’imaginer ce que sera le basketball dans 10 ans en regardant ce qui s’est passé en NBA. Les axes de développement passent par le fait que LDLC ASVEL puisse participer de façon pérenne à l’Euroleague qui est une franchise européenne. Nous avons eu, ces dernières semaines, confirmation que cela allait pouvoir se faire, dès lors qu’on aurait notre propre outil, c’est-à-dire une salle. Cette salle de 12 000 places en mode basket pourrait aussi, pour une opportunité de rentabilité, accueillir près de 16 000 personnes en mode divertissement. Mais cela suppose un accord avec la Métropole de Lyon. Avec LDLC ASVEL, nous avons une synergie marketing et commerciale, des approches communes en matière de séminaire et nous travaillons en termes d’abonnements et de planning pour permettre à nos fans d’aller aux matches de basket et à ceux qui aiment le basket d’assister aux événements notamment internationaux de l’OL. »

 

OL Reign

« Nous sommes actionnaires et cela nous permet d’avoir un recrutement mondial et c'était un axe de développement sur lequel nous avons travaillé avec Gérard Houllier. Nous essayons toujours de construire le modèle qui va très rapidement s’auto-rentabiliser pour éviter d'être en difficulté. Pour le stade d’OL Reign, nous travaillons avec les clubs de Seattle et avec des partenaires qui ne sont pas des collectivités territoriales, mais qui souhaitent participer à la construction d’un stade. Culturellement, il y a plein de choses différentes, mais il y a de bonnes idées à prendre partout, en matière de financement des infrastructures par exemple. Nous écoutons beaucoup, nous apprenons beaucoup. Avec le football féminin et l’Academy, qui sont nos deux axes de développement, nous pourrions avoir l’opportunité d’avoir un club féminin, en particulier en Asie. Au Japon ou en Chine, mais cela a été stoppé à cause de la pandémie. »