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Jeff Reine-Adélaïde : « J’aurais pu tricher mais j’avais des objectifs » (1/2)

Publié le 25 mai 2020 à 07:00:00
Jeff Reine-Adélaïde : « J’aurais pu tricher mais j’avais des objectifs » (1/2)
Privé de compétition depuis décembre et une grave blessure au genou, Jeff Reine-Adélaïde continue de cravacher pour revenir le plus vite et le plus fort possible. Le milieu de terrain lyonnais s’est confié sur sa rééducation, son quotidien, cette épreuve parfois douloureuse mais riche en enseignements. La seconde partie de l’interview est à retrouver ce mardi sur OL.fr.

« Jeff, peux-tu nous raconter cette soirée de décembre où tu te blesses ?

C’est un moment très particulier. Au début, on ne pensait pas que cette blessure était aussi grave. Mais cela s’est avéré que c’était plus important que prévu. Ça a été douloureux sur le moment. Il a fallu accepter cette blessure pour avancer le plus vite possible. C’est ce que j’ai fait et je me suis mis au travail. Cela fait partie de la vie d’un footballeur. Il y a des hauts et des bas. C’est parfois dur à accepter mais il faut être plus fort que cela et il y a bien plus grave dans la vie. La famille a été très important pour m’aider à avoir le moral, surtout après l’opération. Ce sont des moments compliqués quand on est dans le lit, qu’on a mal. J’ai été très bien entouré aussi par le staff.

 

Comment se passe ta rééducation ?

Tout va bien. J’ai commencé à Lyon. Le lendemain de l’opération, j’ai repris le travail avec un des kinés. Ça a été très dur et éprouvant. Je suis ensuite allé à Clairefontaine pour voir un autre cadre. C’est vraiment dur de voir ses coéquipiers s’entraîner et toi, de rester sur le côté. Je suis parti deux semaines en vacances en Martinique aussi. Ça m’a beaucoup aidé. J’ai réattaqué en revenant. J’aurais pu reprendre il y a un mois le travail avec le reste de l’équipe. C’est un travail acharné. Il ne faut pas se relâcher car parfois c’est dur. Des fois, on n’a pas envie de faire les exercices. J’aurais pu tricher mais j’avais des objectifs dans ma tête. Les objectifs servent aussi à ça, ne pas se relâcher. Il y avait beaucoup de fatigue physique et mentale qui s’accumulait. J’ai su le gérer, grâce au staff médical et à ma famille qui a été d’un bien fou pour moi.

 

reine-adelaide entrainement

 

Qu’est-ce que cette épreuve t’a apporté ?

Cela fait mûrir. On prend conscience de certaines choses. Je ne pensais qu’au foot avant cette blessure, je n’avais rien d’autre en tête. J’y pense encore beaucoup mais j’ai aujourd’hui un esprit plus ouvert. J’ai découvert d’autres choses. Je me suis affirmé, j’ai appris sur moi, sur mes proches, sur mes amis. On a plus de temps pour les autres car on ne se focalise pas que sur nous-mêmes.

 

La concurrence sera très forte à ton poste. Est-ce qu’il y a un peu de crainte ?

Non. Il n’y a pas de pression à avoir. Je sais le joueur que je suis, je connais mes qualités. On a un groupe étoffé avec beaucoup de qualité. La concurrence ne fait pas de mal. C’est avec cela qu’on reconnaît les bons joueurs. »