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Nikola Vucevic : « En NBA, ils ne comprennent pas ma passion »

Publié le 14 mai 2020 à 07:00:00
Nikola Vucevic : « En NBA, ils ne comprennent pas ma passion »
Monténégrin d’origine, basketteur NBA et issu d’une famille où le ballon blanc était détrôné par celui orange, pas grand-chose ne le prédestinait à devenir l’un des plus grands fans de l’Olympique Lyonnais. Pourtant, Nikola Vucevic ne rate rien de l’actualité du club, même de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis où il sillonne les routes avec son équipe du Magic Orlando. Lui aussi à l’arrêt à cause d’une saison en suspens, le pivot de 2,13 m n’a pas hésité lorsque l’occasion s’est présentée de parler avec passion de son amour pour l’OL, de Juninho, de Tony Parker ou encore de sa venue au Groupama Stadium en 2016. Entretien.

« Nikola, d’où vient ton attachement à l’OL ?

J’ai grandi en Belgique de mes 2 ans à mes 12 ans. J’habitais dans la région wallonne donc francophone. Beaucoup de chaînes de télévision sont françaises. Cela m’a permis de suivre la Ligue 1. Je regardais beaucoup de matches. J’étais un grand fan de Juninho donc j’étais pour l’OL. C’était l’époque où le club était champion. Tout a commencé comme cela et depuis je suis resté supporter. J’ai commencé à suivre intensivement le foot au début des années 2000 et à vraiment rentrer dedans, choisir mes équipes préférées. Je suis fan de l’Etoile rouge de Belgrade car mon père aimait ce club. Pour les autres équipes que je supporte, ça a commencé grâce à un joueur. Et même quand le joueur a pris sa retraite, je reste avec le même club. Le foot est le sport numéro un en Belgique mais ça ne l’était pas dans la famille. C’était le basket, mon père était pro. J’aimais le foot mais je n’étais pas très bon. Du coup, j’ai aussi choisi le basket.

 

Quelle est ta plus grande émotion depuis que tu suis l’OL ?

Quand je suis venu au Groupama Stadium. C’était contre Monaco lors de la saison 2015-16 avec une victoire 6-1. C’était le premier match que je regardais au stade. C’était un gros match, important pour la Champions League. L’expérience entière était magnifique. J’étais avec un de mes amis. On en parle encore souvent. C’était magnifique de venir à Lyon, le stade est très beau. C’était un plaisir de rencontrer les joueurs, d’aller sur la pelouse. C’était une expérience incroyable. Je remercie le club. Vivre le moment au stade est toujours différent que devant la télévision.

 

Un match marquant en particulier ?

Pas un match mais une saison. Je me rappelle de la saison 2014-15 où on était premier et on se fait doubler par le PSG. C’est un mauvais souvenir qui fait encore mal. On avait une équipe jeune, qui jouait bien. On ne s’attendait pas à une telle saison. On était proche du titre.

 

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Quel joueur t’a le plus marqué ?

Juninho. Il n’y a pas grand-chose à dire. Ses qualités parlent pour lui. C’est un très grand joueur. Il est le joueur marquant de la grande période. Il a aidé l’OL à changer de dimension. Ses coups-francs seront légendaires pour toujours. J’aime beaucoup les milieux de terrain dans ce profil, très techniques, qui jouent pour l’équipe. Il était comme ça et il m’a plu depuis le début. II avait quelque chose. Avec sa présence, il aidait l’équipe à mieux jouer. J’aimerais bien le rencontrer un jour si possible.

 

As-tu un rêve pour l’OL ?

La Champions League est le rêve de tout le monde. Si on réussit à prendre une Ligue 1, ce serait déjà top. Devancer Paris qui a les moyens me ferait vraiment plaisir. L’OL forme de très bons jeunes joueurs. J’aime ce genre de club qui s’appuie sur le centre de formation. Il y a une vraie culture, une identité et les gens apprécient cela. L’OL le fait très très bien, à l’image de l’Ajax.

 

Avec ton activité qui te fait voyager très souvent et avec le décalage horaire, est-ce difficile de suivre l’OL ?

C’est difficile de regarder les matches en direct. Aux Etats-Unis, il n’y aucune diffusion du championnat français. Je regarde les résultats et les résumés après chaque match. Je lis les journaux aussi. Je suis obligé de faire ça. J’ai pu regarder OL – Juventus quand même. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de matches diffusés ici.

 

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Dans ton sport et le vestiaire, sait-on que tu es supporter de l’OL et si oui, comment ça se traduit ?

Il n’y a pas grand-monde qui suit le foot en NBA. Ce n’est pas très populaire. Ils ne comprennent pas vraiment ma passion pour le foot. C’est dommage. Il y a mon coéquipier français, Evan Fournier, qui connaît un peu. Mais lui non plus ne comprend pas pourquoi je suis supporter de l’OL et d’un club français alors que je n’ai rien à voir avec la France et Lyon. Je lui explique. Il est tout le temps en train de me chambrer quand j’en parle, il fait des petites vannes. Avec mes amis d’enfance du Monténégro, on en parle très souvent. Ils savent que je suis fan de l’OL.

 

Quel regard portes-tu sur le rôle de Tony Parker à l’OL ?

Tony est un des plus grands noms de l’histoire du sport français. C’est très bien pour l’OL d’avoir quelqu’un comme lui. Il fait déjà de très bonnes choses avec l’ASVEL. La collaboration est un bonus pour l’OL. Il peut aider le club d’une manière différente. Il va pouvoir développer l’image de l’OL aux Etats-Unis, même si les gens ne comprennent pas trop le foot ici. Ils ont leur sport à eux. Ça commence un peu mais ça prendra un peu de temps.

 

Comment as-tu vécu ce confinement aux Etats-Unis ?

C’était un peu compliqué au début. Il y a eu un choc car on est tout le temps en train de voyager, de bouger d’une ville à une autre pour les matches. D’un coup, tu es obligé de rester à la maison. Il y a aussi du positif. J’ai enfin réussi à passer du temps avec ma famille. J’ai un fils de 17 mois et je ne le voyais pas souvent à cause des déplacements. Cela m’a fait du bien de m’occuper de lui. C’est une situation très difficile dans le monde entier mais il faut toujours essayer d’en tirer du positif. Je continue à m’entraîner pour rester en forme si la saison reprend. On espère. Rien n’est décidé encore. Il y a beaucoup de questions en suspens. »

 

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