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Caroline Garcia : « Juninho, ses coup-francs, c’était fou ! »

Publié le 30 avril 2020 à 12:00:00
Caroline Garcia : « Juninho, ses coup-francs, c’était fou ! »
Caroline Garcia, cette jeune femme de 26 ans est la numéro 1 du tennis français féminin. Elle réside à Lyon à moins qu’un tournoi ne l’entraîne aux quatre coins du monde, ce qui n’est pas rare. Mais ces déplacements incessants ne l’empêchent pas de vivre sa passion pour l’Olympique Lyonnais, pour preuve.

« Pourquoi êtes-vous supportrice de l’OL et d’où vous vient cet attachement pour le club ?

A la base, je suis fan de sport. Ensuite étant Lyonnaise, ayant grandi dans la région, et bien le sport phare c’est le football et l’Olympique Lyonnais. Pendant plusieurs saisons l’OL a dominé le championnat de France, était puissant en Ligue des champions, donc j’aimais suivre les performances du club c’était intéressant et dur de passer à côté quand on apprécie le sport.

 

Quel est votre premier souvenir de l’OL ?

La première fois où je suis allée au stade de Gerland.  Je devais avoir douze ans. J’étais avec deux autres garçons de la Ligue du lyonnais de tennis. On avait eu trois quatre places. On nous avait emmené voir un match.  Je crois que c’était une rencontre de Ligue des champions. L’un des souvenirs marquants de cette première visite fut lorsque les supporters entonnèrent : « qui ne saute pas n’est pas lyonnais », et comme trois gosses de cet âge-là on sautait aussi !

 

Quelle est votre plus grande émotion ?

La Ligue des champions remportée par les filles face au PSG dans la séance des tirs au but (2016-2017). Deux semaines avant il y avait eu la finale de la Coupe de France et idem elle s’était terminée par les tirs au but. J’avais suivi la rencontre dans ma chambre d’hôtel.  Deux semaines après j’étais à Rolland Garros. J’avais gagné mon match dans la journée et le soir j’étais devant la télé à fond, toute stressée. Mon père était à mes côtés et me disait : « relaxe ma fille », je ne tenais plus en place. Après de connaître personnellement certaines joueuses, ça amplifie le stress. J’ai l’impression de partager un peu leur quotidien. Alors quand elles gagnent, ça fait trop plaisir et ce jour-là c’était grand.

 

Vous voyagez beaucoup, est-ce difficile de suivre les matches, les résultats ?

Oui c’est difficile. Je dois jongler avec les décalages horaires ce n’est pas évident, compliqué. Je cherche un lien pour avoir les résultats, les buteurs, les classements. Les réseaux heureusement existent et me permettent d’être au courant. Quand je suis en France, c’est plus simple.

 

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Un joueur qui vous a marqué ?

« Grave », Juninho, sans hésitation : ses coup-francs c’étaient fou. Je me souviens d’un coup-franc qu’il avait marqué en Ligue des Champions. Il était quasiment à quarante mètres. Je pense que c’est le joueur qui a marqué le plus mon historique OL masculin parce que chaque fois qu’il y avait un coup franc, tu savais que c’était pour Juninho. Tu attendais un but et il y en avait un, c’était incroyable. De plus, il apportait énormément dans le jeu.

 

Une joueuse ?

Chez les filles c’est difficile car elles ont un bon groupe avec plusieurs fortes personnalités. Mais je trouve Ada Hegerberg très impressionnante pour son âge. Elle reste une joueuse assez jeune, elle n’a que 24 ans, et reste au top depuis des années. Elle est efficace, dégage quelque chose sur le terrain. Elle domine ses adversaires et par rapport à son âge, c’est encore plus impressionnant.

 

On parle de l’OL à l’étranger. Avez-vous une anecdote ?

Je me souviens d’un serveur dans un restaurant en Thaïlande qui m’a demandé d’où je venais. Lorsque je lui ai répondu de Lyon, il a réagi immédiatement : « ah l’Olympique Lyonnais » !

 

Avez-vous un rêve pour l’OL ?

Gagner la Ligue des champions chez les hommes. Dans ce sport, c’est le but ultime. Chez les filles, marquer l’histoire par une continuité.

 

Dans votre milieu sportif, sait-on que vous êtes fan de l’OL ?

Chez les Français c’est sûr que l’on sait que je suis fan de l’OL. Les Européens je pense que oui.  Après je suis contente quand mon équipe gagne mais je ne souhaite pas du malheur aux autres.

 

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Dernières questions, comment vivez-vous ce confinement ?

Je suis actuellement à Manacor sur l’Île de Majorque en Espagne. J’y étais avant le confinement où j’avais prévu de m’entraîner à l’Académy Nadal mais elle a fermé. Pensant que cette situation ne s’éterniserait pas, nous avons décidé de rester dans la ville pour être prêt à reprendre l’entraînement. Hélas, elle dure. Donc pour l’instant je suis dans un appartement dans le centre. Je vis au jour le jour.

 

Quel est votre quotidien ?

Entraînement physique le matin et l’après-midi sur ma terrasse ou dans le garage, pas de tennis, cuisine, lecture, puzzles, séries, appeler la famille et voilà la journée est passée et on passe à une autre.

 

Quel est votre regard sur ce qui se passe ?

On n’aurait jamais pensé vivre une telle expérience. On a l’impression d’être dans un film. Tu ne sais pas quand les choses vont revenir à la normale, comment ça sera après. Il y a beaucoup d’incertitudes, c’est déstabilisant. Ca paraît tellement fou, la vie s’est arrêtée. Je me pose beaucoup de questions.

 

On pense aux personnels soignants…

C’est difficile de s’imaginer ce qu’ils peuvent vivre. Ils sont en première ligne. Pour les aider on se doit de respecter les règles, les mesures de confinement. Ils sont héroïques.

 

Plusieurs compétitions de tennis ont été annulées dont Wimbledon ?

Tu prends la mesure de la gravité de la situation. Mais ça dépasse tout. Wimbledon, c’est le premier tournoi du Grand Chelem annulé. Il faut remonter à la seconde guerre mondiale pour retrouver sa première annulation. Ce sont vraiment des dates très marquantes. Pour nous les joueurs, un tournoi annulé c’est difficile mais ça l’est encore plus pour les organisateurs : financièrement, économiquement… On verra comment les choses se passent. On attend, on patiente. »