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Rudi Garcia : « Ce serait vraiment triste de finir sans public » (2nde partie)

Publié le 21 avril 2020 à 07:00:00
Rudi Garcia : « Ce serait vraiment triste de finir sans public » (2nde partie)
Dans un long entretien accordé aux médias de l’OL, Rudi Garcia a notamment évoqué les conditions de reprise des entraînements et de la compétition.

« Coach, comment va se préparer la reprise de la compétition de votre côté ?

La priorité est sanitaire. Ce sont les médecins qui ont le dernier mot. Quand on voit ce qu’il y ait prévu, il y a quatre semaines de préparation. Si certains joueurs ont été infectés et qu’il y aurait des risques à les faire reprendre avec une intensité importante, il faudra respecter ces quatre semaines de l’avis médical. Avec les autres coaches, on pense que trois semaines d’entraînement suffiront largement car les joueurs s’entraînent chez eux tous les jours. Ils ont besoin de se dépenser, de s’occuper. Ils sont prêts. Si la préparation est trop longue, on réduit la fenêtre de temps de la compétition et on serait obligés de jouer tous les trois jours après deux mois d’arrêt. C’est un rythme contre lequel on doit lutter. Les coaches parlent de ces cadences infernales durant la saison, qui exposent trop les joueurs. Il ne faut pas retomber dans les travers et en faire trop sur les plannings si on veut voir des matches de qualité.

 

Imaginez-vous un avant et après-confinement ?

Je l’espère mais je n’en suis pas sûr. La nature humaine fait qu’on a tendance à vite oublier les moments difficiles. Cette période oblige à réfléchir. Je n’oublie pas que le foot et le sport donnent du divertissement, du spectacle. Les gens prennent du plaisir à ces moments-là. Des matches à huis clos ? Si c’est provisoire, ça va mais mettre du monde dans un stade ne se fera pas tout de suite. L’essence du foot n’est pas de jouer à huis clos. Je comprends les contraintes économiques des clubs et des dirigeants qui doivent plancher à une reprise éventuelle. Comme beaucoup d’autres coaches, on est vraiment sensibles au fait de jouer avec du public. Je ne suis pas certain qu’on puisse le faire. Ce serait vraiment triste de finir cette saison sans spectateurs. J’espère qu’on n’aura au moins pas de souci pour le faire au début de la prochaine saison.

 

Qu’en est-il de la reprise de la Champions League ?

Il y a un travail à faire sur le sujet de la reprise des championnats nationaux. L’UEFA souhaiterait qu’on finisse la saison fin juillet si elle peut reprendre et qu’on garde le mois d’août pour finir les Coupes d’Europe. Si tel est le cas, tant mieux. Mais est-ce que début août il sera possible de voyager en Europe sans risque ? On doit aller à Turin. On s’est très bien qu’il y eu de gros foyers juste à côté. Je ne suis pas persuadé qu’on pourra le faire. Il y a des spécialistes qui décideront.

 

Quelle a été la mobilisation des entraîneurs durant cette période ?

On a été quelques-uns à penser qu’il fallait qu’on se mobilise. On a créé un groupe What’s app avec les entraîneurs de Ligue 1 et de Ligue 2. On a fait un don collectif à la Fondation de France à hauteur de 120 000 euros. C’était la moindre chose. Ce groupe est intéressant pour discuter et échanger sur les conditions à un retour aux entraînements et à la compétition. On a de grosses interrogations sur une reprise sans risque à partir du 11 mai, même si les staffs mettent plein de choses en œuvre. On est un sport de contact. Il ne faut pas qu’il y ait de risque. 

 

Avez-vous un message pour les supporters ?

On est tous pareils. On a hâte de retrouver la compétition avec un Groupama Stadium plein. Il faut être patient, il y a des priorités. On piaffe d’impatience de défendre de nouveau les couleurs de l’OL. »