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Sellig : « L'OL, c'est des souvenirs de tribune, d’ambiance, de chants… »

Publié le 02 avril 2020 à 15:00:00
Sellig : « L'OL, c'est des souvenirs de tribune, d’ambiance, de chants… »
SELLIG est un humoriste lyonnais pur souche. Ses sketchs ont été visionnés plus de 30 millions de fois sur internet et des centaines de milliers de spectateurs viennent assister à ses spectacles dans toute la France. Comme beaucoup de Lyonnais, il est fan de l’Olympique Lyonnais. Dans l’entretien qui suit il partage et explique cette passion pour son club de cœur.

« Sellig, Pourquoi êtes-vous supporter de l’OL ?

Tout simplement parce que je suis Lyonnais. Je suis l’OL depuis toujours à Gerland puis au Groupama Stadium dans les tribunes. J’ai grandi avec l’équipe.

 

Quel est votre attachement à l’OL ?

Mon attachement vient des copains. J’habitais dans le 8e arrondissement de Lyon. On était toute une bande. Dans mon groupe de copains, il y avait des supporters assidus de l’OL. De temps en temps on allait avec eux assister à des matches ça faisait partie de notre vie. Il n’y avait pas internet, on avait douze peut-être quatorze ans pas plus. Nous partions à Gerland en général avec le père d’un de nos potes. On avait les casse-croutes dans nos sacs en bandoulière et on prenait place à Jean Bouin. Ce sont des bons souvenirs d’adolescence.

 

Suiviez-vous l’équipe à l’extérieur ?

Non je ne faisais pas les déplacements, je ne l’ai même jamais fait. En revanche je suivais tous les résultats. On avait le frère d’un pote qui était un ultra-fan qui donnait les résultats. L’OL a toujours fait partie de ma vie lyonnaise.

 

Quel est votre premier souvenir de l’OL, d’un match, une émotion ?

Je n’ai pas le souvenir d’un match particulier. J’ai plus des souvenirs de tribune, d’ambiance, des souvenirs de chants, de déception. Mais c’est plus des souvenirs d’enfance, d’adolescence. Par exemple quand on faisait des voyages scolaires dans d’autres villes : on était souvent l’OL contre St Etienne, contre le PSG, contre Marseille il y avait une certaine rivalité, c’était sympa. Après ma plus grande émotion, c’est peut-être quand ils ont fermé Gerland parce que ce jour-là une page de mon enfance, de mon adolescence s’est tournée.  Ce jour-là je me suis dit c’est terminé : le Stade d’un côté, la piscine de l’autre où on allait se baigner. C’est ainsi, des morceaux de vie qui s’évanouissent.

 

sellig 2

 

Comment est perçu votre passion de l’OL dans votre milieu artistique ?

Pour moi c’est une fierté, en étant humoriste quand je me déplace on me branche : « ah voilà le gars de l’OL ! » c’est marrant. Quand je suis à Marseille par exemple on me dit : « tu vas prendre une raclée ce soir, ce n’est pas la peine de monter sur scène. » Il y a beaucoup de fans de foot dans le milieu artistique des comiques. Les artistes, techniciens regardent les matches dans les loges et ils se donnent les résultats entre deux sketches. Tout le monde est fan de son équipe ça reste des moments où l’on se branche gentiment sur nos clubs favoris.

 

Avez-vous déjà utilisé l’OL dans vos spectacles ou dans vos chansons ?

Non, le seul endroit c’est à St Etienne, c’est une espèce de gimmick avec les spectateurs. Il n’y a pas de derby donc c’est la trêve, et là sur scène il y a un Lyonnais qui vient faire rire les Stéphanois et les plaisanteries fusent. Il n’y a que dans cette ville où c’est rigolo.

 

Un rêve pour l’OL ?

Le Graal : c’est remporter la Ligue des champions, j’y pense. J’espère que cela arrivera de mon vivant. J’en rêve.

 

 

Dernières questions, comment vivez-vous ce confinement ?

Je suis un hyperactif et du coup comme tous les hyperactifs tout d’un coup tout s’arrête et là il faut trouver un autre moyen de fonctionner et ce moyen c’est vivre différemment rétrograder. Alors j’apprends à faire les choses en deux ou trois fois calmement. Je me fixe des rendez-vous dans la journée un peu de télé mais pas que ça, la lecture etc…

 

Est-ce dur à vivre ?

C’est dur, parce que au-delà de ma petite personne, il y a l’inquiétude de nos proches déjà, de toute la population française, mondiale. Et on se dit qu’en deux, trois mois tout s’écroule : l’humanité peut être en danger. C’est de l’inquiétude : un sommeil agité, des réflexions ce n’est pas des vacances on en est loin.

 

On pense aux personnels soignants ?

Oui car nous on est en sécurité à priori dans nos foyers, à 20h on les applaudit c’est normal, mais ils sont au front, ils risquent d’être contaminés tous les jours. Ils ont une abnégation énorme et un don de soi important.

 

Pendant cette période en profites-tu pour créer ? Ecrire ?

En fait, j’ai décidé la semaine dernière de faire un sketch de douze minutes en live sur Facebook. J’étais seul devant le petit point rouge de la caméra c’était assez étrange pour moi. Mais en fait, les gens étaient tellement heureux chez eux que j’ai eu dix ou quinze milles messages. Durant le sketch on était parfois cinq milles connectés voir plus. Je n’ai jamais joué devant autant de monde en face de moi. Je vais le refaire. J’ai ouvert la brèche. Je sais que d’autres comiques vont s’y mettre. Cette démarche montre que l’on n’est pas là que pour aller dans les salles parader devant le public, mais dans des cas comme actuellement on doit le faire pour apporter du bonheur. »