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Interview de Jean-Michel Aulas

Publié le 25 décembre 2019 à 08:53:00
Interview de Jean-Michel Aulas
À l'approche des fêtes de fin d'année, le président de l'OL a livré un premier bilan sur la saison lyonnaise et a évoqué la suite, notamment les mouvements prévus au cours du mercato hivernal.

« L’année 2019 touche à sa fin. Après les nombreux changements effectués cet été, quel bilan pouvez-vous faire de cette première partie de saison ?

C’est une année comme les autres, si ce n’est que la fin ne s’est pas déroulée comme nous l’espérions. C’est surtout une année où il y a eu beaucoup d’aléas, avec notamment ces blessures qui n’étaient pas prévues et qui se sont abattues sur l’équipe. Cela a fragilisé ce qui semblait être un retour de la réussite et un sursaut d’orgueil. C’est donc une année contrastée car nous la terminons en étant qualifiés dans toutes les compétitions, ce qui n’a pas toujours été le cas. La qualification en 1/8 de finale de la Champions League pour la deuxième année de suite est venue éclaircir un bilan difficile jusque-là, notamment en championnat. Mais il faut savoir se relever et il faut analyser les choses sereinement. Être douzièmes du championnat à la trêve est très en-deçà de nos objectifs mais nous aurions très bien pu nous retrouver quatrièmes, voire sur le podium, sans les quelques problèmes que nous avons connus. Nous sommes très proches de nos objectifs vu l’écart de points qui nous sépare du podium mais très loin également au regard du classement. Il faut donc savoir tirer les conclusions de ces résultats qui ne sont pas ceux escomptés. Il faut aussi que tous les supporters soient derrière l’OL. C’est comme cela que la confiance reviendra et celle-ci est indispensable pour que les joueurs tirent le meilleur d’eux-mêmes en seconde partie de saison. De notre côté, nous corrigerons un certain nombre de choses. Nous sommes sereins par rapport à ce que nous avons à faire et à ce que nous ferons. Nous rattraperons notre retard. À nous de préparer les échéances qui arrivent de la meilleure des manières.

En dépit des résultats et des récents coups durs subis, y-a-il des sources d’espoir en vue de la seconde partie de saison ?

Nous croyons en nos chances mais nous y croyons raisonnablement parce que nous avons eu pas mal d’aléas contraires en première partie de saison qui se sont abattus sur nos meilleurs éléments. Il y a aussi eu des réactions très négatives de la part d’une partie du public. Cela a eu impact sur les joueurs. Ce ne sont pas des robots et parfois, ils n’ont pas le mental suffisant pour résister à toutes ces attaques, surtout à celles qui sont injustifiées. Nous ne sommes pas là où nous devons être mais nous avons probablement commis des erreurs aussi. Nous allons les corriger et faire en sorte de redresser la situation, en optimisant au mieux nos ressources et en espérant avoir un peu de cette chance qui nous a manqué depuis le début de la saison. Mais pour cela, nous devons tous travailler main dans la main. Il faut que tout le monde soit derrière l’équipe. Ce n’est imaginable qu’une partie du public, aussi mineure soit-elle, soit à l’encontre des joueurs ou de l’institution. Le désaccord peut être exprimé mais il ne faut pas manifester contre les joueurs, qui sont les seuls acteurs. Il faut raisonner de manière juste. Avoir de l’enthousiasme, de la confiance et faire preuve de solidarité sont le meilleur moyen de gagner des matches pour les mois à venir.

Pouvez-vous revenir sur la nomination de Rudi Garcia à la tête de l'équipe première ?

La décision de remplacer Sylvinho a été prise par Juninho, un homme qui représente l’OL. Nous avons vu que nous nous étions trompés et cette décision de se séparer de Sylvinho était donc légitime. Plus tôt une décision est prise, plus vite les choses peuvent être rattrapées. Concernant Rudi, nous avons analysé les choses. Et avec le recul, je suis convaincu que c’est une bonne décision. Il fallait quelqu’un avec beaucoup d’expérience, avec le cuir tanné et une grosse force de caractère pour aller contre le lobby des médias qui n’en faisaient pas leur favori. Il fallait quelqu’un de fort et il faut miser sur la durée. Rudi Garcia fait du bon travail. En ce qui concerne les blessures, il y a peut-être eu des erreurs lors de la préparation cet été que l’on a payées par la suite. Mais depuis que Rudi et son staff sont arrivés, avec le parrainage de Juninho, toute l’équipe s’est mise au travail. C’est une bonne chose pour l’institution OL. Son arrivée est synonyme de réussite pour le futur. Maintenant, il faut jouer le jeu et attendre la fin de la saison pour juger tout cela.

L'hiver s'annonce mouvementé. Quels sont les besoins de l'équipe ?

Les besoins sont ceux que Juninho et Rudi Garcia définissent. Ils sont liés à certaines insuffisances et aux récentes blessures. Je dois préciser un point : nous avons des choix à faire, nous avons envie de trouver des joueurs capables de compléter l’effectif mais il ne faut pas non plus empêcher certains jeunes de l’académie de pouvoir s’exprimer dans ce contexte. Les jeunes joueurs comme Melvin Bard, Maxence Caqueret, Amine Gouiri ou Rayan Cherki ont apporté des choses lors de leur présence sur le terrain. Il ne faut pas tomber dans cette obsession de vouloir recruter alors que nous disposons de solutions en interne. Nous avons également vu Maxwel (Cornet) évoluer en tant que latéral gauche avec succès. Devons-nous agir immédiatement ou pouvons-nous attendre ? C’est un sujet complexe. L’OL a la chance d’être en bonne santé et de pouvoir faire des choses. Mais nous ne pénaliserons pas les jeunes qui sortent de notre académie ni ceux qui pourraient apporter à d’autres postes. Nous trouverons des plus values certaines et c’est dans cette hypothèse là que des joueurs seront recrutés. Florian Maurice y travaille d’ores et déjà.

Avec le rachat du Reign FC, quelle est la stratégie de l’OL autour de l’équipe féminine ?

Comme chaque année, les résultats de l’équipe féminine sont brillants. Et puis, nous venons de reprendre l’équipe du Reign FC, l’une des meilleures des Etats-Unis, où évoluent de grandes joueuses. L’idée est de prolonger ce qui a été fait à l’OL aux Etats-Unis, la terre de développement du football féminin, et de faire en sorte que la marque OL s’exporte là-bas. Le rachat du Reign FC fait partie de cette stratégie. »


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