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Mathieu Gorgelin dans Tribune OL : « Rien ne remplace la compétition pour se juger »

Publié le 19 mai 2018 à 11:30:00
Ce n’était pas le moment le plus simple pour prendre le relais. Deuxième dans la hiérarchie des gardiens depuis déjà plusieurs saisons, Mathieu Gorgelin a pourtant su saisir le témoin d’une main ferme et sereine dans la période la plus chaude de la saison. Le portier de 27 ans n’a pas tremblé pour suppléer Anthony Lopes, ni changé quoi que ce soit dans sa préparation et dans sa vie, alors que l’OL s’apprête à disputer une « finale » contre Nice.

« Mathieu, quel est l'état d'esprit du groupe après cette défaite à Strasbourg et avant ce match contre Nice ?

Il y a eu beaucoup de frustration après Strasbourg (ndlr défaite 3-2) car on ne l’a peut-être pas pris de la meilleure des manières. On s’est vite remis dedans pour bien préparer ce match contre Nice. Il y a eu une remobilisation générale immédiate. On a eu un jour de repos pour évacuer tout cela et on a repris le travail lundi. On a fait une bonne semaine de travail. Le groupe est prêt pour ce dernier match.

Quel regard portes-tu sur tes deux premières prestations contre Troyes et Strasbourg ?

Je suis plutôt content du premier match contre Troyes (ndlr victoire 3-0). J’ai pu être décisif lorsque le score était de 2 à 0. C’était un moment important pour l’équipe et il fallait répondre présent. Pour le deuxième match à Strasbourg, il y a la sensation de faire un match correct mais je n’ai pas eu la possibilité d’être décisif. J’ai été plutôt propre dans mes interventions mais je prends trois buts donc ça fait toujours mal. C’est frustrant de sortir d’un match comme celui de Strasbourg. Il y avait un petit goût d’inachevé. Dans l’ensemble, je suis satisfait mais j’aurais aimé faire un peu plus sur le deuxième match pour aider l’équipe.

Comment vis-tu personnellement cette prise de relais dans un moment aussi important de la saison ?

Je vis très bien cette période. Cela ne me change pas trop la vie. La pression est évidemment différente par rapport à mon statut habituel, surtout dans une période aussi importante pour le club et pour tous les joueurs. Il y a un peu plus d’attente du fait de ce contexte mais je me tenais prêt pour ce genre de situations et pour jouer à n’importe quel moment. C’est à moi de faire mes matches.
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Est-ce la période la plus importante de ta carrière ?

Sûrement oui, même si je ne m’étais pas posé la question. Je me suis juste mis dans l’optique d’aider au maximum l’équipe pour atteindre les objectifs. Pour mon cas personnel, je verrai après ce match contre Nice et durant les vacances. Ce sera l’heure du bilan pour savoir où j’en suis.

Sur le plan physique, est-il difficile d’enchaîner quand on n’en a pas l’habitude, même pour un gardien ?

C’est surtout un impact psychologique. Au lendemain du match, on se sent beaucoup plus fatigué. Il n’y a qu’un match par semaine en ce moment donc la fatigue est un peu moindre. Mais quand il y a match tous les trois jours, il doit y avoir une forme de lassitude et de fatigue qui se met en place. Ce n’est pas le cas pour moi. On a le temps de se reposer et de retravailler derrière pour se préparer pour le prochain match. Ce n’est pas du tout le même rythme.

Comment peux-tu expliquer cette fatigue en tant que gardien ?

C’est surtout une fatigue mentale : après un match on est complètement vidé. C’est encore plus vrai lors des matches où on n’a pas grand-chose à faire et aucune occasion d’extérioriser. On garde en nous cette pression psychologique et cette concentration que l'on doit avoir chaque seconde. Il faut être bon sur la seule intervention qu’on a à faire.
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Quel rôle ont joué Anthony Lopes et Grégory Coupet à tes côtés ces derniers jours ?

Antho m’a aidé au début lorsque j’ai pris le relais contre Troyes. Mais il a aussi le droit de couper un peu, il a eu une longue saison. Il est revenu avec beaucoup d’ondes positives, ce qui profite au groupe… Depuis qu’il est arrivé, Greg me prépare comme Antho. Il n’y a donc rien eu vraiment de nouveau. Il me dit juste quelques mots avant les entraînements et les matches.

Comment jugerais-tu ta progression depuis tes débuts en 2013 ? Est-ce que c’est plus difficile de se jauger en l'absence de compétition ?

C’est difficile à dire... J’essaie d’avancer au jour le jour, de bosser même si je ne joue pas beaucoup. Je veux progresser encore physiquement. Au poste de gardien, il n’y a que les minutes jouées en match qui font qu’on peut progresser dans le jeu. J’essaie d’apprendre des matches que je vois aussi… C’est compliqué de se jauger sans la compétition. On peut juste avoir des sensations, le sentiment d’être bien. Mais rien ne remplace les matches pour se juger. Avec la compétition, on peut aussi recevoir des avis extérieurs sur nos prestations. »

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