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Jean-Michel Aulas fait le point dans une interview exclusive pour OLTV

Publié le 29 septembre 2017 à 18:30:00
Dans une interview exclusive pour OLTV, Jean-Michel Aulas revient sur le match d’Europa League d’hier et d’une façon plus générale sur le début de saison.

Au lendemain du match, quel est votre sentiment sur ce nul concédé face à l’Atalanta ? 

« C’est un match qu’on maitrise de manière extrêmement positive et puis il y a ce coup-franc, justifié ou non (?) sur lequel le mur se disloque et on prend un but contre le cours du jeu. Toutes les statistiques du match sont en notre faveur comme ces 21 tirs et surtout on a créé du jeu. Certains imaginent que le fond de jeu n’est pas là, mais qu’ils regardent de nouveau le match, comme on l’a fait ce matin avec Bruno Genesio et Gérard Houllier. Il y une qualité de jeu qui s’améliore de match en match avec, c’est vrai, un manque de résultat, comme hier, lié à des faits de jeu, des erreurs d’inattention ou des consignes qui ne sont pas respectées. C’est un paradoxe qui ne doit pas faire oublier la réalité, à savoir que nous avons une très bonne équipe et que l’Atalanta est aussi une très bonne équipe. Tout reste jouable dans cette Europa League. Nous sommes deuxièmes avec deux points de retard et nous avons encore toutes les possibilités de nous qualifier. Arrêtons ce bashing contre Bruno qui ne repose que sur des a priori. 

Quel bilan faîtes-vous de ce début de campagne européenne ? 

Les deux premiers matchs ont été difficiles. Tous les grands spécialistes se sont étonnés de notre match nul à Limassol en disant que c’était une contre-performance. La contre-performance est de prendre un but à la fin alors qu’on menait. Ça fait partie des petites choses à modifier pour être meilleur. Mais Limassol est allé faire match nul à Everton et ils ont réussi à égaliser dans les arrêts de jeu en infériorité numérique. C’est se tirer une balle dans le pied que de dire qu’on ne sera pas qualifié. J’ai de grands espoirs. Les deux matchs face à Everton sont décisifs. Il faut regarder concrètement les choses.

Est-ce que vous pensez que les supporters sont trop impatients ? 

Je pense qu’ils sont comme moi, ambitieux. On a fait un des plus grands clubs d’Europe, à l’image des infrastructures, de l’Academy, et des équipes féminine et masculine. Un certain nombre de gens, par principe, racontent des choses pour créer du buzz. Je suis là pour apporter les réponses aux questions. Je ne sais pas pourquoi un tel bashing anti-Bruno. Pour nos supporters, il est fondamental qu’ils soient dans le ton et qu’ils nous soutiennent. Les kops ont été magnifiques hier. Je suis fier de ce soutien de tous ces instants. On a un entraîneur qui est à l’écoute.

Comment réagissez-vous aux critiques qui visent Bruno Genesio ? 

Les chiffres sont formels. On pourrait avoir plus de points. On a pris beaucoup de buts en fin de match par un manque de concentration. Mais ceci étant, on a le plus grand total de points en championnat depuis 2011-12. Ça fait 6 ans qu’on n’avait pas réalisé cette performance même si elle devrait être encore meilleure. On devrait avoir 4 points de plus au compteur en L1 et les choses seraient différentes. Les gens demandent un coach étranger, c’est la mode car quelques médias en parlent. On a vu que le Bayern, avec des moyens très supérieurs à ceux de l’OL, avait perdu 3 à 0 à Paris. On a vu aussi que dans d’autres clubs la stratégie d’avoir un coach étranger n’était pas forcément la meilleure. Il y a une forme de conviction qui ne s’inscrit pas dans la réalité et dans l’analyse objective. Mon rôle est de dire qu’il faut faire attention à l’institution. Quand on est supporter, on doit être objectif. Nous sommes à 12 points avec une seule défaite à Paris. On est deuxièmes en Europa League avec deux points de retard. On a toutes les possibilités après ce match de se qualifier. Ce bashing n’est donc pas justifié. Certaines personnes ne comprennent pas la situation parce qu’ils ne sont pas à l’entraînement, au cœur du club au quotiden. Il y a une petite frange des supporters qui expriment des insatisfactions. On les écoute et on analyse pour savoir ce qui peut être pris en compte. Les principaux affectés sont les joueurs quand il y a ce bashing aveugle, qui ne sert qu’à affaiblir l’OL.

Quel regard portez-vous sur le changement de stratégie durant le dernier mercato ? 

Tout d’abord, nous voulons avoir une des académies les plus fortes d’Europe et donner à ces jeunes l’opportunité de jouer dans leur club de formation. On a les fondements dans ce domaine. On veut aussi aller chercher des joueurs parmi les plus grands clubs pour donner cette émulation et une dimension ambitieuse à un groupe qui n’avait pas totalement réussi. Nous n’avons rien gagné ces dernières années. Nous partons dans un nouveau projet qui va demander de la patience. C’était difficile de changer à la fois un grand nombre de joueurs ainsi que le staff et l’entraîneur. J’ai pris la décision de maintenir le staff car il connait parfaitement le club et qu’il a eu des résultats comme une 2ème place en Ligue 1 et une ½ finale d’Europa League. Ce sont des choix raisonnés. On a beaucoup investi pour recruter ces 8 joueurs. Il faut être patient car il y a un énorme potentiel. Bruno est très proche de ses joueurs. Il fait des causeries magnifiques et il est à l’écoute de ses dirigeants. On essaie de construire l’avenir. On a un match très important à Angers. On se prépare pour être performant. »

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