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« Difficile d’oublier ces moments »

Publié le 08 novembre 2015 à 09:00:00
Dominique Rocheteau a été un acteur incontournable du derby. L’ancien joueur stéphanois et aujourd’hui vice-président du conseil de surveillance de l’ASSE a évoqué ces duels qui l’ont marqué, avant de se projeter vers l'ultime derby à Gerland. Une page va se tourner ce dimanche selon lui

Si on vous dit derby à Gerland, qu’est-ce qui vous vient en tête ?
« J’ai vécu 4 derby comme joueur à Gerland, et ensuite 5 comme dirigeant. J’ai beaucoup de souvenirs de ces matchs qui sont toujours très particuliers. C’est difficile d’oublier ces moments. J’ai été marqué par ces matchs. J’ai joué mon premier derby en pro lors de la saison 1974-75. J’avais à peine 20 ans. C’était très impressionnant pour moi de jouer un aussi gros match. Il y avait une certaine pression.

Quel est votre plus beau souvenir à Gerland ?
En tant que joueur, c’est sûrement le derby où je marque lors de la saison 1976-77. Je me souviens très bien de ce match. C’était un moment important pour nous et pour moi. On avait joué à Liverpool en Coupe d’Europe trois jours plus tôt. On avait disputé le derby à Gerland sous une pluie battante. C’était un déluge. On avait gagné 2 à 0. C’était une victoire très importante. Le terrain était une vraie piscine. Je pense qu’on était à la limite du praticable. Je pense qu’aujourd’hui avec les mêmes conditions, le match aurait été reporté. Et en tant que dirigeant, je garde aussi un excellent souvenir de nos deux victoires récentes, en 2010 et 2014.

il m’est arrivé avec des amis, d’aller voir deux, trois matches à Gerland. J’aimais beaucoup voir évoluer Di Nallo, Lacombe et Chiesa qui, à mes yeux, ont surement formé la meilleure attaque de l’histoire de l’OL.

Et le moins bon ?

Il n’y en a pas vraiment, même si je n’ai pas toujours gagné. Mais je me rappelle de matchs très rudes, parfois même violents. On parlait de rollerball pour évoquer le derby à l’époque. C’était très tendu entre les joueurs. La défense lyonnaise n’était pas tendre. C’était du costaud derrière.

Une anecdote ?
A mes 17, 18 ans, j’étais en formation à l’ASSE et il m’est arrivé avec des amis, d’aller voir deux, trois matches à Gerland. J’aimais beaucoup voir évoluer Di Nallo, Lacombe et Chiesa qui, à mes yeux, ont surement formé la meilleure attaque de l’histoire de l’OL.

Une page va se tourner. C’est une histoire qui va se terminer. C’est comme ça. L’OL va avoir un magnifique stade, c’est bien pour le club. Il y aura un avant-Gerland et un après-Gerland. Mais un derby reste un derby peu importe où il se joue.

Comment allez-vous vivre ce dernier derby à Gerland ?
Il n’y aura pas d’émotion, le mot est peut-être un peu fort. Mais c’est certain que ça va être un moment particulier, fort. Une page va se tourner. C’est une histoire qui va se terminer. C’est comme ça. L’OL va avoir un magnifique stade, c’est bien pour le club. Il y aura un avant-Gerland et un après-Gerland. Mais un derby reste un derby peu importe où il se joue. Les matchs entre Lyon et Saint-Etienne ont toujours été et seront toujours des matchs particuliers. Ce sont des grands moments. On le ressent dans toute la région.

Comment jugez-vous le début de saison de Saint-Etienne ?
On fait un bon début de saison. On a déjà joué beaucoup de matchs, peut-être l’équipe qui en a disputé le plus. On a bien négocié les barrages européens et ça nous a lancés. C’est un objectif important pour nous. Il y a eu un renouvellement d’effectif important, beaucoup de mouvements. De jeunes joueurs sont arrivés. On mise sur l’avenir avec eux mais aussi avec les jeunes du centre de formation qu’on lance dans le grand bain. La formation est importante pour le club. Il reste une ossature avec les cadres du club. Il faut un peu de temps pour que ça prenne mais c’est déjà bien ce que l’équipe propose depuis le début de la saison.

Quels sont les objectifs ?
On est très ambitieux et très réalistes. On connait la concurrence. Il y a des équipes comme Paris ou Lyon qui jouent les premières places. Et puis il y a des équipes qui tentent de tirer leur épingle du jeu. On en fait partie. C’est un championnat difficile. Saint-Etienne n’a pas trop de marge. Il faut être toujours au top pour pouvoir enchaîner. L’objectif est de rester dans le haut du tableau, jouer l’Europe chaque saison et faire un bon parcours dans les Coupes. On veut aussi jouer à fond la Ligue Europa et sortir des poules.

Il y a l’apport des jeunes du centre et un bon recrutement. C’est une grosse machine. L’absence de Nabil Fekir est dommageable pour Lyon surtout quand on voit la saison passée et le début de cette saison qu’il a réalisés.

Est-ce que le calendrier aura une influence sur la rencontre ?
On est habitués à jouer le jeudi en Coupe d’Europe et le dimanche en championnat. C’est un rythme soutenu. Ça demande beaucoup d’efforts. Le temps de récupération et de préparation entre les rencontres est très court. C’est compliqué, on s’adapte, mais on préférerait jouer le lundi, comme cela se pratique dans les principaux championnats européens.

Quel regard portez-vous sur l’OL version 2015-16 ?
Depuis deux ou trois ans, l’OL se construit une belle équipe. Il y a l’apport des jeunes du centre et un bon recrutement. C’est une grosse machine. L’absence de Nabil Fekir est dommageable pour Lyon surtout quand on voit la saison passée et le début de cette saison qu’il a réalisés. Il y a Paris et ensuite Lyon, et peut-être Monaco. C’est une des plus belles équipes de L1.

Quelle est l’importance comptable de ce derby ?
On est très proches au classement. Ça fait quelques années qu’au moment du derby, on est au coude à coude. On revient bien depuis quelques saisons. Les matchs des dernières années sont donc des beaux derbies mais aussi des gros matchs, de belles affiches du championnat. Il y a donc aussi un enjeu comptable important.

C’est toujours le match phare de la saison. C’est le plus gros derby du championnat.

Est-ce qu’il y a autant de ferveur autour du derby ?
Encore plus je pense. Ces rencontres sont hyper-médiatisées. Elles sont à chaque fois programmées le dimanche à 21 heures. C’est toujours le match phare de la saison. C’est le plus gros derby du championnat. Les autres sont quand même moins médiatisés. Toute l’histoire du derby fait aussi que c’est aujourd’hui encore un match très important. On en parle même à l’étranger, c’est dire. ».

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