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« Je me sens plus libre »

Publié le 11 novembre 2014 à 10:11:00
Superbe compétitrice, Amandine Henry est devenue au fil des saisons une référence du milieu de terrain lyonnais… Retour en arrière avec la Nordiste, mais il est aussi question de la Ligue des Champions… de la double confrontation avec le PSG… de son évolution… de ses aspirations…

A 15 ans, elle jouait déjà en D1 du côté de Hénin. «Je jouais avec les garçons et cela se passait bien. Quand tu habites dans le Nord, si tu veux jouer chez les filles tu vas à Hénin…». Elle enquille les buts. « Normal, je jouais devant. J’allais vite. On me donnait le ballon… ». Elle est fan de Zidane et de cette équipe du LOSC, époque frères Cheyrou…Hénin puis Clairefontaine où on va la reconvertir en milieu de terrain. Sa carrière est lancée. En 2007, elle signe à l’OL. « Je n’imaginais pas ce qui allait se produire. J’avais envie de jouer au foot, c’était ma  passion, mais le professionnalisme n’existait pas. A Clairefontaine, j’ai d’abord compris que je pouvais faire quelque chose de mieux et que cela pouvait m’ouvrir des portes. Et à l’OL, j’ai vu que l’on pouvait vivre de sa passion ». Des sacrifices cette vie de pro ? « Oui, notamment au niveau familial. Je suis parti jeune de chez moi. Comme le dit ma maman, je n’ai pas eu le temps d’être sevrée complétement… Tu dois aussi surveiller ton alimentation, tes sorties, ton image… Mais il ne faut pas exagérer, c’est la belle vie. Ce n’est pas contraignant ».

Amandine fait donc partie de la très belle histoire lyonnaise. Elle a débuté sa 7ème saison dans la capitale des Gaules et accumulé quasiment tous les trophées dont les deux Ligues des Champions. « Cette compétition est forcément particulière. C’est un super challenge à relever surtout quand on l’a déjà gagnée. On a envie de la récupérer ». Elle parle au passage de cette finale perdue, la première disputée, en 2010 face au FFC Turbine Potsdam où  elle avait d’ailleurs manqué son tir au but. «On avait les armes pour s’imposer, mais on n’en était pas conscientes… ». Et d’enchainer. « Une déception, mais derrière, on a rebondi. Il faut des déceptions comme des victoires pour avancer ».

L’OL sorti prématurément la saison dernière en 1/8 de finale affronte son concurrent français le PSG pour poursuivre cette ambition de reconquête. « Non, ce n’est pas une finale avant la lettre. Il y a plusieurs équipes européennes, notamment les Allemandes, qui sont au-dessus du PSG. Le PSG, c’est une grosse équipe que l’on connait bien. Un adversaire de qualité qui met beaucoup d’engagement… On a très bien joué contre lui en championnat et cela doit agacer ! Je pense que les filles mettront la même intensité… »

Une double confrontation passionnante. Mais quand est-il de cet OL 2014-2015 ? « On possède un très bon collectif. Il y a eu l’arrivée d’Ada (Hegerberg) qui nous apporte un plus. Il y a aussi l’apparition dans le groupe de jeunes qui amènent de la fraicheur et de l’émulation. Il y a aussi un nouveau coach et un autre style de jeu. Ce n’est que du positif».Un nouveau style de jeu ? « Le coach nous demande de plus passer par l’axe, de faire des décalages au niveau de la défense centrale. Notre jeu est plus collectif et moins basé sur des exploits individuels. La différence se voit par exemple dans la construction de nos buts. En fait tout le monde est concerné ». La Lilloise parle aussi de son jeu. « Le coach me demande un peu plus que de défendre. Il veut que j’attaque. Cela me correspond. J’aime en effet défendre mais aussi percuter. Je me sens plus libre… ».

Amandine la compétitrice avide de nouveaux titres avec l’OL mais aussi de ce « grand quelque chose » qui lui manque : « j’ai envie d’être reconnue au niveau international ». 30 sélections seulement, alors qu’elle devrait en compter plus du double pour avoir été « bordurée » par l’ancien sélectionneur. « Je ne veux plus en parler… ». Amandine capable de dépanner au poste de latérale ou même en défense centrale. « Si on me le demande… mais ma place, c’est au milieu ». Elle parle d’une transversale réussie et de son bonheur associé. Elle adore se fixer des challenges lorsqu’elle a en face une bonne joueuse. « Oui, je veux atteindre les objectifs que je me fixe, gagner les duels… Je ne suis pas méchante, mais à l’épaule, pas question de tomber… ». Amandine, un tempérament, une guerrière qui s’engage toujours à fond sans peur de ces blessures qui lui ont déjà joué des tours. «Je n’y pense pas ». Un autre de ses plaisirs : tirer les penalties. « Il y a du suspense. Il y a de l’adrénaline et j’aime ça. Quand il est bien tiré, c’est beau et parfois important pour le résultat ». Amandine, lucide, sur le niveau de la concurrence en France. « Oui, il peut y avoir des matches chiants…mais après tu te dis qu’il faut y mettre du sien, penser à  l’équipe… et finalement, cela t’aide à progresser… »

Il fut question de son avenir. « Je pense rester dans le foot. J’ai commencé à passer mes diplômes ». Il fut question de l’évolution de son sport en France. « Oui, cela progresse toujours. Et si la France organise la Coupe du Monde en 2019, cela sera un plus comme si nous réussissons une belle Coupe du Monde au Canada en 2015 ». En attendant, l’OL occupe ses esprits. Il y a un superbe challenge à relever qui passe par le PSG.

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