Masculins / OL - MHSC

« Un rôle complet que j’affectionne »

Publié le 19 octobre 2014 à 11:52:00
Jordan Ferri se régale dans un milieu en losange qui le dévoile. Jamais égoïste dans l’effort et dans le jeu, il régale désormais aussi ses partenaires d’attaque avec déjà quatre caviars cette saison. Une belle illustration de sa faim grandissante d’être plus décisif pour l’équipe.

Après le naufrage d’un certain 6 octobre 2013 dans la Mosson de Montpellier, le joueur de 22 ans aurait très bien pu se noyer. Jordan Ferri n’est pas de ce genre-là. En dehors ou sur le terrain, il cultive la même envie de batailler jusqu’à ne plus rien avoir dans les chaussettes, dans les tripes. « Bien sûr que ce match m’a marqué. C’est le plus mauvais match que j’ai fait. Collectivement, on était pas au mieux non plus. Je n’ai pas aidé mon équipe ». Positionné latéral droit, le milieu de terrain de formation connaissait un peu le poste pour y avoir fait quelques piges. D’ailleurs, il ne souhaite se cacher derrière aucune circonstance atténuante. « Peu importe le poste, le coach me donne des responsabilités et une confiance. Je dois être performant tout simplement. Ce n’est pas une excuse. J’assume. Ce genre de match forge, ça m’a servi de leçon ».

Depuis, le natif de Cavaillon a bien appris. Il a fait son retour au bercail. Une place dans l’entrejeu dans un système en 4-4-2 avec un milieu en losange qui lui va à merveille. Ce dernier lui permet de dévoiler toutes les facettes de son jeu. « C’est un rôle complet que j’affectionne. Ce système me plaît beaucoup ; je peux être, tout en gardant ma tâche défensive, plus présent offensivement ». Et ça se ressent sur le terrain mais aussi sur les cahiers de statistiques. Déjà douze matchs joués sur les 13 disputés par son équipe, assortis d’un but en Ligue Europa et surtout de quatre passes décisives en Ligue 1.

Il n’avait offert aucun caviar la saison passée. Il domine le classement des passeurs du championnat aujourd’hui. Déjà tireur de longue distance, Jordan Ferri a ajouté une flèche à son arc. « A force d’avoir du temps de jeu, j’ai une plus grande confiance en moi. J’ai aussi une plus grande envie d’être décisif pour l’équipe, d’être plus présent en défense et en attaque. C’était un objectif mais je ne vais pas m’entêter, ça vient comme ça viendra ». La passe est tout un art…la gestion du temps et de l’espace, la culture du geste juste et pure. « Le plus important est de savoir bien lire l’appel de son attaquant, d’être coordonné à lui. La vision de jeu est quelque chose qu’on a. Mais, c’est un domaine dans lequel on peut encore travailler et toujours progresser ». Jusqu’à atteindre certains artistes virtuoses…  « Je ne regarde pas beaucoup de matchs mais j’aime voir jouer le Barça et le Bayern, avec leur jeu basé sur la possession et sur l’importance de la passe. J’aime les joueurs comme Xavi qui ne sont pas de grands gabarits mais qui impressionnent par leur vista ». Une finesse technique pas nécessairement incompatible avec la consistance physique.

Ma taille n’est ni un atout, ni un inconvénient. J’ai toujours été le plus petit à ce poste où il faut batailler et être agressif. L’important, c’est l’envie qu’on y met.

Jordan Ferri est un travailleur, un assidu à la tâche. L’incessant va-et-vient de part et d’autre du terrain que demande le milieu en losange lui a fait prendre de la caisse et de l’épaisseur. « J’ai progressé dans beaucoup de domaines. Tout d’abord tactiquement car ce système demande beaucoup d’efforts pour les milieux de terrain. J’ai donc aussi évolué sur le plan physique et sur celui technique ». Son gabarit n’est pas un frein selon lui. Ses adversaires directs sont certes souvent perchés une tête plus haut que son mètre 72, mais sa hargne compense pour ne pas être dépassé. « Ma taille n’est ni un atout, ni un inconvénient. J’ai toujours été le plus petit à ce poste où il faut batailler et être agressif. L’important, c’est l’envie qu’on y met. Ça ne m’a jamais empêché de gagner des duels ». Son surnom, « le petit Balmont », prend alors tout son sens. « Florent Balmont est aussi un joueur formé à l’OL. C’est en U19 et CFA qu’on a commencé à me surnommer comme ça. On a le même gabarit, le même poste. C’est un très grand compétiteur, un joueur agressif, fort dans les duels. J’ai eu la chance de jouer contre lui, il ne lâche jamais rien. C’est un gagneur ».

Mardi soir, il aurait pu apporter cette touche d’appétence aux Espoirs lors du match retour des barrages de l’Euro 2015, qui a vu l’équipe de France, pourtant installée sur un confortable matelas, être éjectée par la Suède. Mais celui qui était un élément important sous l’ère Willy Sagnol n’a pas été sélectionné par Pierre Mankowski pour cette échéance décisive. « Je ne peux pas l’expliquer, je n’ai pas eu de discussion avec lui. Je l’ai appris sur internet comme tous les autres joueurs. J’ai été déçu car j’avais participé à tous les autres matchs. Peut-être que le sélectionneur n’a pas suffisamment apprécié mes performances. A moi de continuer à travailler ».

Sur le même thème
X
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer
des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. En savoir plus et gérer ces paramètres.
J'accepte