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Arrêt Sur Image : Patrice Bergues

Publié le 16 novembre 2005 à 18:00:00
Arrêt Sur Image : Patrice Bergues

Arrêt Sur Image : Patrice Bergues

[IMG36501#L]Patrice? C'est une voix rauque, une voix qui berce. Bergues ? On l'écoute, sans se lasser. Il pourrait nous en raconter des histoires... Quand il récite, tel un narrateur, on entre dans son monde, on s'y croirait. Quand Norman, un ancien complice de sa période anglaise, lui glisse « Maintenant, je peux mourir tranquille » après la victoire de Liverpool en C1... On en veut encore. Encore plus quand il retrace ses méthodes de travail, entre sérieux et décontraction... Son plaisir, c'est le terrain ! Le travail de groupe et de proximité... Voici l'album de Patrice Bergues, entre bonheur et travail... et vice versa.








[IMG36502#L]30 ans amitié
1... « Cette image me fait penser à une photo que l'on a prise il y a trente ans. On est disposé de la même manière, côte à côte, dans un camping en Belgique où on y avait passé 6 semaines. Cette photo d'aujourd'hui ressemble étrangement à celle de ce passé et témoigne d'une amitié qui dure depuis plus de trente ans. On était pote depuis l'école et on a vécu nos premières vacances ensemble. Ensemble... Le plaisir d'être ensemble, de bosser ensemble est resté intact à travers toutes ces années. Il y a beaucoup de complicité...ensemble »




[IMG36503#L]Liverpool
2... « Belle photo. C'est un moment très fort pour moi puisque j'assistais à cette finale aux côtés des femmes de joueurs et du club de Liverpool, qui m'avait invité à participer à cette rencontre depuis les tribunes. L'exploit réalisé ce soir là restera quelque chose d'exceptionnel car ce n'est pas donné à tout le monde de remonter 3 buts à une équipe italienne. Il n'y avait que Liverpool pour réussir cela. Cette équipea une grande force de caractère et l'envie de Steven Gerrard, que j'ai eu comme joueur, a signé une r©volte mémorable suite à son but. La victoire de Liverpool était écrite. Vivre cela des tribunes, ce mélange de tristesse et de joie... j'étais malheureux comme tous supporters de Liverpool et à la fin je me suis retrouvé euphorique. La personne qui s'occupait de nous en Angleterre se nomme Norman, il était chargé d'accueillir les étrangers au club. En fin de rencontre, je suis allé l'embrasser et il m'a glissé dans l'oreille « Maintenant je peux mourir »... Exceptionnel.
J'ai vécu quelque chose de très fort avec eux et cette victoire est dans le prolongement de ce que j'avais vécu au travers d'une finale de Coupe d'Europe UEFA ou des 2 finales de Coupe gagnées à Liverpool. J'avais l'impression que l'histoire se répétait...
Aujourd'hui, j'ai envie de revivre cela avec l'OL, mais du rêve à la réalité il y a du chemin !
Vous savez, entre Liverpool et l'OL, je trouve qu'il y a énormément de similitude dans l'enthousiasme et dans l'envie de gagner. »
Cette photo, c'est celle qu'il préfère de cet album, celle qu'il met en évidence et il le montre « C'est là-bas que j'ai connu les émotions les plus fortes, à la fois avec les joueurs, avec le staff et avec le public. Je me sentais chez moi. J'espère en vivre d'aussi forte à Lyon. »

[IMG36505#L]La reprise
3... « La Corée, tout comme le stage de Tignes, m'a appris à connaître les joueurs en vivant avec eux. J'ai tout de suite vu leur volonté d'aller loin dans l'effort physique et de se dépasser. Cela m'a sauté aux yeux, surtout à Tignes. Je les avais déjà vus jouer avant de venir, je les connaissais de l'extérieur mais là j'ai appris à les connaître de l'intérieur avec beaucoup d'humilité et d'envie de progresser. C'est quelque chose d'important chez eux et on ne le devine pas trop de l'extérieur. Maintenant que je vis avec le groupe, je vois ce que c'est. Répéter un gros match toutes les semaines puisque l'équipe est attendue de partout, qu'elle se doit de donner le maximum à chaque rencontre, ce n'est pas si facile. Cette photo, ce stage, en Corée, avec le groupe... Sans oublier Tignes... Quel plaisir. J'étais content de retrouver des habitudes d'entraînements même si quelques doutes persistaient. Est-ce que cela va se passer comme avant ? Suis-je capable de relever le défi ? L'enthousiasme, la bonne humeur et la volonté de progresser de l'équipe m'ont facilité la tache. Je n'ai donc pas eu de souci à retrouver mes marques. »

[IMG36504#L]L'entraînement
4... « Le terrain, c'est là où je me procure le plus de plaisir. L'entraînement, c'est essayé de faire progresser les joueurs, à la fois individuellement et collectivement. Sentir que l'on apporte quelque chose à un joueur et de l'amener un peu plus haut qu'il ne l'est, c'est mon bonheur et mon travail. La finalité est de gagner des matchs, bien sûr, mais c'est d'abord de les aider à être meilleur sur différents plans.
Il y a aussi des moments pour le faire... Quant un joueur est énervé ou déçu, la porte est fermée, il faut donc attendre un peu. C'est aussi mon rôle que d'intervenir dans le relationnel et d'amener de l'enthousiasme au gens. Le climat des entraînements est sérieux mais dans le positif. Il faut parfois créer l'ambiance pour que tout se passe bien. Elle doit être studieuse, ce qui nous amène à être autoritaire parfois. Mais il faut aussi savoir lâcher la bride et laisser la joie se manifester. Il faut jouer avec ces deux styles.
Toujours est-il que l'on fait un métier fabuleux et il faut apprécier le plaisir d'être là et le plaisir de pouvoir faire ce métier. On ne se rend pas toujours compte de la chance que l'on a et le minimum que l'on puisse apporter est le sourire, il faut aussi le communiquer autour de nous.
Je travaillais auparavant sur des choses qui n'étaient pas faites plutôt que sur celles qui étaient bien faîtes. Maintenant, je trouve plus important de renforcer la confiance des joueurs sur leurs qualités plutôt que de leurs rabâcher les choses qu'ils ont ratées. Les ratés ? Cela fait partie du jeu, sans en abuser... Dans le foot, la confiance est primordiale ! J'y travaille. Derrière cela, il y a le travail de proximité et des gens qu'il faut pousser un peu plus. Pour prendre un exemple, Hatem (Ben Arfa) a tendance à garder un peu trop le ballon alors dans le jeu de ce matin, lui, n'avait droit qu'à une touche de balle. C'est un travail et pas une punition. Après l'exercice, je lui ai dit « tu vois Hatem, tu peux faire les deux sans difficulté. Dans ton jeu tu dois savoir à quel moment jouer en une touche ou conserver le ballon »...
Personnellement, je suis satisfait à partir du moment où j'ai la certitude d'avoir apporté aux joueurs. Mon meilleur souvenir n'est pas Liverpool ou les trophées que l'on a remportés... C'est tout simplement un livre de dédicaces que les joueurs m'ont offert avant mon départ avec un mot de chacun qui caractérisait ma relation avec eux. Cela à pour moi plus de valeurs que la Coupe d'Europe. C'est entre eux et moi. Quand Mickaël Owen m'écrit « Merci Patrice pour avoir fait que je sois meilleur de la tête et du pied gauche » Cela signifie qu'il y a un échange à un moment donné. Au début je lui disais :
P. Bergues - Mickaël, tu ne te sers que de ton pied droit ?
M. Owen - Ben ouais... Je ne marque qu'avec le droit.
P. Bergues - Si tu savais marquer des 2 côtés t'en marquerais plus, je répliquais
M.Owen ... Je ne suis pas sûr...
Puis petit à petit, à l'entraînement, je lui montrais qu'il gâchait plusieurs occasions car il était obligé de revenir sur son pied droit, par réflexe. Enfin, quand il marque le but vainqueur en finale de la Coupe... Quant il reçoit ce long ballon en profondeur c´té gauche... Quand il bat le gardien adverse d'un tir croisé... Il vient me voir et me dit « t'as vu Patrice mon pied gauche »
C'est comme Govou dernièrement qui file voir Jo (Bats) après son but de la tête puisque Jo lui avait fait bosser et l'avait mis en confiance sur des exercices devant le but. Personnellement, ces connivences et reconnaissances valent presque un trophée...»

[IMG36506#L]Le banc
5... « Cette image correspond justement à ce que je viens de vous dire. Il y a une grande complicité entre les joueurs et le staff et chacun est associé dans la joie comme dans la douleur. Il y a cette communion avec les joueurs sur la pelouse, avec ceux sur le banc, avec le staff et les autres joueurs restés en tribune. 'Solidarité et respect' dans ce groupe 'staff et joueur'. On est moins acteur à partir du banc, mais c'est le travail de tout un groupe qui ressort le jour de match et sur le terrain. On n'est donc pas spectateur non plus. »

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