Masculins / OM - OL J-2

Gérard Houllier: "C'est un jour de responsabilité"

Publié le 12 août 2005 à 15:27:00
Gérard Houllier: "C'est un jour de responsabilité"

Gérard Houllier: "C'est un jour de responsabilité"

[IMG35531#C]
Le Touquet, Noeux les Mines, Lens, PSG, l'Equipe de France, la DTN, Liverpool... aujourd'hui l'OL. Depuis 1973, Gérard Houllier fréquente les bancs des différents stades où l'ont conduit ses formations. Combien de jours de match a-t-il vécus ? Difficile de les comptabiliser... 1 500 peut-être... un peu moins... un peu plus... qu'importe. Nous voulions simplement savoir ce que ce jour spécial représentait pour lui ; comment il le vivait ; ce qu'il ressentait... C'est le jour de match de Gérard Houllier

Gérard, que représente pour vous ce jour de match ?
« C'est un jour de responsabilité. Tu sais que le résultat de ton équipe peut rendre beaucoup de gens heureux... ou malheureux. C'est une responsabilité que tu partages avec les joueurs. Pour moi, le football c'est avant tout rendre les gens heureux. Un match, c'est en quelque sorte un raccourci de la vie ».

Décrivez vous nous votre jour de match ?
« Je prends toujours le petit déjeuner avec le staff. Je parcours à toute vitesse la presse pour vérifier notamment qu'il n'y ait pas de propos choquants vis-à-vis de l'équipe. Quelques fois, ensuite, je fais un peu de sport. Je ne participe jamais à la promenade avec le groupe. Je commence la préparation de ma causerie que je rédige dans l'après-midi. Cela me prend du temps. Ensuite au moment de la collation, je prépare le tableau avec la composition de l'équipe ; puis je fais ma causerie. J'ai un souci de précision par rapport à ce que j'attends de mes joueurs. La causerie, c'est avant tout un rappel général ; un appel à la mobilisation en rappelant la valeur du jeu. Une équipe gagne le plus souvent en produisant du jeu ; tu as aussi de meilleurs résultats quand tu défends bien. Comme ce fut le cas, par exemple, de l'OL la saison dernière. Il m'arrive de boire un thé dans la foulée de la causerie. Après ? C'est une période frustrante faite uniquement d'attente. Une chose cependant : j'aime bien aller sur la pelouse et sentir l'atmosphère du stade. Je suis un mec de sensations.

[IMG35668#R]A la mi-temps, il y a 3 temps différents. Pendant les 5 premières minutes, je laisse les joueurs récupérer. Je ne dis rien. Dans les cinq minutes suivantes, je mets en exergue ce qui a bien marcher en parlant aussi de ce qui peut être amélioré. Dans la dernière partie, c'est plus un message individuel qui est effectué avec l'ensemble de mon staff. En aucun cas, il ne faut pas blesser l'amour propre des gars. Il faut qu'ils sentent que tu as confiance en eux. Cela ne sert strictement à rien de gueuler. Ce qui est passé...est passé. Il faut bien gérer cette mi-temps, car nous avons peu de temps.

La fin de match ? J'aime bien avoir un mot général pour le groupe. Tu manifestes que tu as apprécié leurs efforts. C'est important. Ensuite, il y a les demandes des médias. Ce sont des devoirs, des obligations. J'aime bien séparer presse écrite, radio et télévision. C'est vraiment différent et il y a une telle pagaille... Après ? En Angleterre, les matchs se jouant en début d'après-midi, il était plus facile d'aller dîner avec des amis, la famille. Ici, c'est différent avec les horaires. Mais je le ferais certainement lorsque cela sera possible. A la fin d'un match, je n'ai pas besoin d'évacuer une tension quelconque. Je n'oublie jamais que le football est un jeu. Il faut savoir relativiser, rester humble ».

Pour en revenir aux causeries de Gérard, ce dernier avoue les avoir toutes gardées. Il nous montre d'ailleurs celles qu'il a dans son volumineux porte documents. « Là, j'ai celle du Mans, de Strasbourg... Je peux te ressortir par exemple toutes celles de Liverpool. Mais en fait, je m'y replonge rarement... Je ne sais pas pourquoi je les garde... ».

[IMG35530#L]Pourquoi portez vous un costume les jours de match ?
« C'est un jour de gala ! C'est une forme de respect de la fonction. Je ne me vois pas en survêtement. Mais il n'y a pas de sentiment de supériorité en le faisant ».

Enfin, Gérard vous arrive-t-il de repenser à vos ennuis de santé en vous installant sur le banc ?
« Non, jamais. Je n'y pense jamais. Je suis bien sur le bord du terrain. C'est vrai que je suis complètement dans le match. Ce métier est une passion et ne génère que du bonheur. Depuis mon problème, je fais simplement plus attention à moi. Je sais désormais prendre du repos... »

Sur le même thème
X
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer
des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. En savoir plus et gérer ces paramètres.
J'accepte