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Arrêt sur images : Claudio Caçapa

Publié le 21 avril 2005 à 15:52:00
Arrêt sur images : Claudio Caçapa

Arrêt sur images : Claudio Caçapa

[IMG34709#L]Capitaine Claudio Caçapa est venu au bureau ce matin, tranquillement, pour la rubrique Arrêt sur Image. Pas de café, pas de thé pour lui, juste un verre d'eau avant qu'il ne découvre ses photos. Cette fois-ci, les clichés font plus mal « ouah...oula...aïe aïe aïe... » Coups, blessures, deuil, défaite... C'est vrai, séance n'est pas toute rose. Le capitaine en a vu de toutes les couleurs cette saison. Il met un temps de réflexion lorsqu'il découvre les images, histoire de se remettre dans l'action, dans l'instant T. Il finit son verre d'eau plate, ça commence.








[IMG34701#L]Trophée des Champions
« Le trophée des Champions. C'est une belle photo, on sourit tous dessus. Il y avait encore Viale, je vois Balmont, Elber. Giovane est un bon ami, il me manque. C'est un homme extraordinaire. Des joueurs partent, d'autres arrivent. Ici à Lyon, il n'y a que du bonheur. Les gens s'intègrent vite au groupe, il y a beaucoup de vie ici. Le coach n'est pas là, Juni non plus, ils sont passés où ? Le coach voulait certainement nous laisser tout seuls, entre nous. »





[IMG34702#L]Double Nilmar
« A Rennes ? Doublé de Nilmar ! J'étais très très content pour lui. Imagine un instant, le petit jeune en provenance du Brésil, sur le banc de l'Olympique Lyonnais...Il ne parle même pas la langue, comprend à peine les gestes que les gens lui miment, rentre en plein match 0-0 et il marque 2 buts. On gagne 2-1. C'était son premier match en France. Je suis allé le voir en fin de rencontre, content, souriant, je l'ai félicité. Pas évident pour un attaquant de s'adapter dans une équipe. Pas évident de rentrer en cours de match. Pas évident de marquer 2 buts. Aujourd'hui, il travaille, il travaille pour lui, pour maintenant, pour l'avenir.
Malgré les départs et les arrivées de l'intersaison, l'équipe veut toujours aller plus loin. On le voit bien sur cette image avec Nino (Wiltord), Eric (Abidal) et Nilmar qui sont arrivés à l'intersaison.»

[IMG34703#L]Ruud, très rude
« Oula, ça c'est le but. Contre Manchester. Je pense, je crois que l'on encaisse le but sur cette tête. Non ? En tout cas ce match reste un moment inoubliable pour nous tous. On a tellement bien joué... surtout en première mi-temps. Manchester et ses très grands joueurs nous ont fait reculer en seconde période mais ce match va rester dans nos têtes. Cris, Antho (Réveillère) Abidal... On a été très costaud derrière. Lorsque l'on joue contre Van Nistelrooy, C.Ronaldo, Giggs, Scholes... Roy Keane... il faut être costaud... très. On avait tous envie de gagner ce match. 2-2, aujourd'hui on se fout du résultat, c'était une super rencontre.
Van Nistelrooy, très très fort. C'est un buteur, le buteur. Lui tu ne le vois pas pendant une mi-temps, une heure ou même tout le match, il trouve quand même la place de marquer 2 buts. Sur cette rencontre, il a rien fait dans le jeu, rien du tout, mais...il a marqué 2 buts ! Comment tu veux dire qu'il a rien fait maintenant.
Peur ? Non. Il n'y a pas un attaquant qui fait plus peur qu'un autre. Par contre il y en a qui te font courir... et courir...et courir. Comme Djibril (Cissé), Henry, Ronaldo aussi. Si je devais en retenir qu'un, ce sera Henry aujourd'hui. Il est très fort, il sait tout faire. Il est technique, il va vite, il va haut... Je n'ai encore jamais joué contre lui. Celui qui m'a donné le plus de mal ? C'est le jeune qui jouait au Havre. Il joue maintenant à Liverpool. Celui qui était toujours avec Le Tallec, comment il s'appelle déjà ? Pongol. Sinama Pongol. Il m'avait fait courir comme je n'ai jamais couru. Il m'a donné trop de travail. Mais j'ai été récompensé car j'avais marqué un but lors de cette rencontre.»

[IMG34705#L]La blessure du capitaine
« Aïe aïe aïe. C'est le moment qu'un footballeur redoute le plus. Ca fait mal au coeur. Rien que de voir la photo ça me donne des frissons. Instant triste, dur à comprendre. Ces derniers temps, j'ai eu pas mal de blessures. A ce moment là, je n'y croyais plus, je me posais beaucoup de questions : qu'est-ce qu'il va m'arriver ? Quelle est la gravité de la blessure ? Qu'est-ce que je vais faire à l'avenir ? Quand vais-je revenir sur les terrains ? Reviendrai-je ? Ca fait mal, très mal. En plus l'attente est longue alors que toi, tu veux tout de suite savoir ce que tu as.
J'ai la main sur la tête, j'essais de trouver un moyen pour calmer la douleur même si je sais que je ne peux encore rien faire. J'entends les supporters scander mon nom ; j'entends les pas de ceux qui me portent ; j'entends le bruit du ballon.
Je ne savais pas que Paul (Le Guen) était venu me voir, qu'il était là. (On lui raconte la réaction de Paul Le Guen lors du même exercice). Il attendait un geste ? Je ne pouvais rien faire, je souffrais ! L'adversaire (Le Strasbourgeois Keita)? J'étais fâché contre lui à ce moment là. Pourquoi m'a-t-il fait ça ? Que lui ai-je fait ? Puis après ça passe avec le temps...
Lors de la reprise, j'avais toujours quelques appréhensions sur le terrain. On ne sait pas vraiment si le genou va tenir, on n'est pas à l'abri sur les premiers matchs. Surtout pour moi qui ai pris un faux départ à Monaco. Alors tu gères sur certain ballon, tu t'économises au début. Ce ballon là ? Pas besoin d'y aller ; celui là ? Je le joue derrière, sur Greg (Coupet) ou sur Cris... Puis sur le deuxième ou troisième match sans encombre, c'est parti.»

[IMG34704#L]Le retour du capitaine
«Ma reprise, contre Lens. Encore une photo où je me fais mal, vous le faîtes exprès ou quoi ? De toute façon c'est ça mon boulot, je suis défenseur. J'ai vu Thomert partir au but. J'étais en retard alors j'ai essayé avec le bras. Il est tellement costaud le mec qu'il n'a même pas bougé. Puis je me suis retrouvé en face de Greg (Coupet) que je n'avais même pas vu sortir. J'ai juste senti quelque chose me taper dans la bouche et sur le visage. J'ai touché ma lèvre, j'ai vu du sang, je suis sorti pour les soins. En revenant dans le match, je commençais à ressentir une douleur au genou. Je me suis dit ...Oh non c'est pas vrai ! Pas encore !' J'ai insisté et la douleur est partie, toute seule, j'ai rien compris.
Sur cette photo, Thomert est debout, moi couché. Pour arrêter la balle, je donne tout pour sauver le but, sans hésiter. De la tête, du pied, de la cuisse, de la hanche, du torse...J'y vais à fond. Même si Thomert, grand et costaud comme il est, n'a pas bougé, j'ai tout donné. Pour ne pas avoir de regrets. »

[IMG34706#L]Conférence de presse
« Cette conférence, contre le PSV, à domicile, c'était un moment important pour moi. Je signais mon retour en Ligue des champions. Content de revenir, de rejouer. J'étais aussi là pour m'exprimer et pas seulement répondre aux questions de la presse. Je voulais leur montrer que j'étais bel et bien présent et que j'allais bien en leur disant ça de ma propre bouche. Que les gens l'apprennent de moi, pas en écoutant les dires des autres ...Claudio ? Oui il va bien, ça va... il a l'air d'aller bien...etc.' Là c'est moi qui leur dis 'Je suis là, je vais bien sur mes deux jambes et je vais tout donner'
Regardez mon regard sur la photo, avec le pansement, on dirait un boxeur avant la pesée... Paul (Le Guen) c'est le coach, Don King (rire).»

[IMG34707#L]Penalty !
« La séance de tirs au but contre le PSV (il soupire). C'était dur. On voulait tellement passer... Il n'y a rien à dire à ce moment là, tu ne penses plus, tu fais rien, tu rentres dans le vestiaire. Personne ne parle... Ce n'est pas le moment...
C'est un moment fort que l'on n'oubliera pas, nous les joueurs, les supporters, le staff et tout l'OL n'oublieront pas...
Sur cette photo on est tous ensemble mais chaque joueur est dans son monde. Nilmar et Essien ferment les yeux ; Cris prie ; moi aussi d'ailleurs.
Le penalty, c'est pas aussi facile que ça. Il faut être costaud dans la tête pour tirer. »

[IMG34708#L]Hommage
« Oula. La plus dure. Tous les joueurs avaient des larmes à ce moment là. Qu'elles soient sur le visage ou à l'intérieur de nous, elles coulaient. On avait mal, mal de savoir que 2 des nôtres sont décédés pour nous voir jouer. Ca fait mal de savoir que ce soir là, contre Paris, ils auraient dû être là, pour assister au match. On pense à eux, à leur famille, on est là et on ne peut rien faire. Rien qui puisse changer ce qui s'est passé. On est inutile devant ça. Qu'est-ce tu veux faire ? On ne peut rien faire... Même si je ne peux rien, je prie tout de même pour eux, pour la famille aussi.
Comme je le disais tout à l'heure, quand je prie avant d'entrer sur le terrain, je demande au Seigneur que personne ne soit blessé. Que l'on finisse tous la rencontre et que tout se passe bien, dans les tribunes également. Je ne demande pas le résultat du match, pas la victoire. »
Cette photo, ce moment, cet instant là, cette photo oui, c'est celle qu'il préfère, celle qui l'a le plus marqué. Il la signe et il le montre.

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