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Patrick Paillot: "Qu'aurais-je fait sans le foot?"

Publié le 07 janvier 2005 à 16:28:00
Patrick Paillot: "Qu'aurais-je fait sans le foot?"

Patrick Paillot: "Qu'aurais-je fait sans le foot?"

[IMG33641#L]C'est encore une belle histoire d'homme à travers un métier à l'OL. Patrick Pailllot est éducateur des 18 ans nationaux depuis la saison 2002-2003. Ce Lyonnais est un pur gone. «Je suis né le 13 novembre 1957 à l'Hôtel Dieu ; mes parents étaient lyonnais ; mes grands-parents jurassiens. Je suis du signe du scorpion comme Alain Olio, Robert Valette, Armand Garrido... ». L'ancien défenseur olympien de 74 à 80 avoue qu'il n'a pas de mémoire. «Je me souviens de pas grand-chose... ». Des débuts au club du Rhodiaceta à l'âge de 11 ans, là où son papa a été joueur, puis éducateur pendant 25 ans. «Mon père a évolué à l'OL dans les années 50... il a joué jusqu'à 60 ans avec ses copains vétérans. Le foot c'est dans la famille. Moi, j'ai débuté avec l'OL le 13 juillet 74 ; c'était en Coupe des Alpes ; j'avais 16 piges ; j'ai remplacé Aimé Jacquet... ». International cadets, juniors et espoirs ; 5 saisons à l'OL en D1, 5 en D2, D3 et D4 à Villefranche-sur-Saône ; 4 à Montceau en D3 et D2 ; une dizaine de buts en tout dont 1 en Coupe des Alpes à Gerland, quelques pénalties. «Tu sais, cela a été difficile de quitter mon club, ma ville. Bassila m'a dit la même chose récemment. Mais quand tu fais ce métier, tu n'as pas toujours le choix... Je n'ai aucun regret. J'ai fait le maximum avec les qualités que j'avais... ».

Toujours à fond, très rapide, bon tacleur, ce stoppeur pas très grand (175cm) pouvait jouer aussi latéral droit ou gauche. «J'avais un véritable esprit de défenseur. J'aimais cela. Mon adversaire ne devait pas marquer. Alors, sans être méchant, j'étais du genre teigneux. Je n'ai pas de mémoire, mais je me souviens que pour mon premier match de championnat j'ai marqué Carlos Bianchi. Il a touché un ballon ; il a mis un « saucisson » qui est passé entre mes jambes et qui a trompé « tonton » Chauveau... ».

Ancien apprenti mécanicien automobile à Bron, le football lui a pris tout son temps, même celui de l'empêcher de passer son CAP. A 30 ans, joueur à Montceau, il reprend des études pour obtenir ses diplômes d'entraîneur. «Un jour, une discussion avec Aimé Jacquet m'a convaincu qu'il fallait que je rende au foot ce qu'il m'avait apporté... ». Période délicate pour Patrick qui occupe tous ses lundis de 19h à 1h du matin et certains samedis matin, à apprendre, potasser ses cours pour devenir un jour éducateur. Malgré la fatigue, il ira au bout de cette démarche conclue en 2000 par le certificat de formateur.

[IMG33640#R]«Au fond de moi, j'avais envie de faire ce métier d'entraîneur... ». Il commence à Ecully avec le président Michel Berger. Pendant 7 ans, de 88 à 95, il sera l'entraîneur général d'Ecully. «J'y ai appris le métier... ». Il retrouve son club de l'OL en 95, par le biais des stages d'Hauteville. «La place de Guy Genet, éducateur des 14 ans, se libérant, je suis revenu chez moi. Puis, de 96 à 2000, j'ai été entraîneur adjoint de l'équipe professionnelle aux côtés de Bernard Lacombe et de José Broissart, en étant détaché à l'entraînement des gardiens de but et à l'observation de nos adversaires. J'étais aussi le responsable de l'éveil-initiation... ». Patrick, comment es-tu devenu l'entraîneur des gardiens ? «J'étais le seul, il se marre, à pouvoir taper dans un ballon... Non, sérieusement, Bernard et José m'ont demandé de filer un coup de main. Mais sincèrement, je n'étais pas un spécialiste. Aujourd'hui, tu le vois, dans le foot il faut des spécialistes à tous les niveaux ; un peu comme au rugby. Cela a été une belle époque. Avec Greg, on se disait qu'il fallait ouvrir la porte de l'Equipe de France... J'ai travaillé avec Olmeta, Breton, Coupet, Nadon, Borelli, Hughes et Socie. J'étais à la disposition de ces gars là ».

Bernard Lacombe quittant le banc, Patrick retourne à plein temps chez les jeunes : Responsable toujours de l'éveil, mais aussi de la pré-formation et éducateur des 15 ans nationaux avant de prendre en 2002 le groupe des 18 ans. «Je suis bien. Je bosse avec mon ami Gérard Drevet. J'échange énormément avec lui. Comme José Broissart, il a un bon oeil ; il est loyal. On est toujours d'accord. Revenir chez les jeunes ? Cela n'a été ni facile, ni difficile. Ma période avec les pros a été la cerise sur le gâteau. Quand j'échauffais le gardien avant un match, il fallait que je sois hyper concentré. Je n'avais qu'un seul droit : être bon. Alors je m'échauffais comme si j'allais jouer. L'important, c'était Greg, Pascal...».

Les semaines passent vite entre le travail au quotidien et les matchs du week-end. « Le gros du programme de travail est fait en début de saison. L'Objectif ? Faire avancer les joueurs individuellement et si collectivement on peut faire du mieux possible en remportant des trophées... c'est parfait. Nous sommes des formateurs la semaine et des compétiteurs le week-end. Bien sûr, remporter la Gambardella ce serait un plus... ». Il en a connu des gamins qui ont fait ou aurait pu faire une carrière. En vrac, Bassila, Malbranque, Berthod, Clément... et tous les autres... «J'aime les gamins. Je suis du genre affectif. Mais quand tu sors des vestiaires pour aller sur le terrain, il faut qu'ils comprennent qu'ils sont là pour travailler, avancer. Plus question de rigoler. Cet âge de l'adolescence me va bien. Tu leur apportes plein de trucs d'anciens pros et quand ils reproduisent en match ou à l'entraînement ce que tu leur a dit, tu es super content. C'est ta récompense. Tu sais, ce n'est pas évident, ce qu'ils vivent. Il y a le foot et la scolarité. Personne n'a le temps de prendre son temps... ».

L'éducateur est aussi papa. Père de 3 garçons de 10, 17 et 22 ans, il a aujourd'hui sous ses ordres son fiston Sandy. «Je crois que cette situation est plus difficile pour lui que pour moi. Je crois que j'arrive à faire abstraction. Sur le terrain, Sandy est un joueur comme un autre. Honnêtement, je ne m'enflamme pas sur ce qu'il lui arrive. Mon fils aîné était stagiaire à l'OL, il n'a pas réussi à faire carrière. Il joue aujourd'hui à Jura Sud. Je connais ce métier. Rien n'est évident... ».

Ce scorpion est bien dans sa vie, dans son métier. On le sent épanoui, mais pas question de se reposer sur ses acquis. «J'aimerais m'améliorer encore et je m'appuie sur mon expérience. Sincèrement, qu'est-ce que j'aurais fait sans le foot ? Je pense souvent ballon tout en arrivant à débrancher de temps en temps. Et comme je suis en bon état, je joue avec les vétérans de Dardilly. Des loisirs en dehors ? Pas trop. J'aime taquiner les boules de pétanque, partir deux fois par an à la pêche en mer.... L'OL, c'est ma deuxième famille ».

[IMG33647#L]Ce mec réservé ...je ne fais pas beaucoup de bruit-, concède qu'il n'a pas la même attitude sur un terrain et en dehors. «Je peux râler lorsque je joue ou que je suis sur le banc... » Le foot a-t-il changé ? «Oh oui ! Entre 88 et 95, soit la date de ma retraite sportive et celle de mon retour à l'OL, j'ai vraiment constaté que ce n'était plus le même monde. Tout est plus structuré. J'ai connu le siège de l'OL avec 3 personnes.... Quand on jouait à Gerland, on allait à pied au stade...». 47 ans et une allure nettement plus jeune. «De côtoyer ces gamins, cela te fait rester jeune. Tu es obligé de te mettre à la page ». Et ces gamins, on arrive à savoir s'ils vont réussir ? «Tu n'as pas de certitudes à 100%, mais pour Berthod, par exemple, tu te dis qui si lui n'y arrive pas, tu te demandes qui va passer ! Et quand un gars signe pro, c'est notre récompense d'éducateur. Je peux te dire que lors du match contre le Sparta, Paul Le Guen, en faisant jouer tous ces jeunes issus du Centre, nous a fait un signe fort ».

Patrick Paillot respire la gentillesse, la chaleur humaine et comme beaucoup de gens dans ce métier la passion de ce qu'il fait et cette exigence indispensable pour faire avancer les jeunes, le club. Des souvenirs particuliers ? Ma première sélection ; notre succès au tournoi de Toulon en 77 avec les Espoirs... Après quand tu es pro, tout est différent : tu fais un métier ». Au fait pourquoi ce surnom de « Papaye ». «Je dois ce surnom à Albert Domenech associé à Michel Maillard. Ils m'ont trouvé ce diminutif au retour d'une tournée dans les Îles. Et cela m'est resté... ». Enfin, ce défenseur apprécie tout particulièrement le joueur Cris. "Il fait toujours les choix qu'il faut...".

Les jeunes ont retrouvé le Centre de Formation ce lundi 3 janvier 2005. Un match amical ce week-end pour les 18 ans de "Papaye et Gérard", puis rendez-vous le 16 à Belfort pour un 64ème de finale de Coupe Gambardella. Et comme ce groupe des 18 ans constitue la réserve de l'équipe CFA, pas sûr que les Benzema, Paillot... soient là pour apporter leurs qualités à ce collectif. Patrick sait que ces absences font partie de son quotidien d'éducateur... pour le bien du club.

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