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Alain Olio: "Nous sommes les garants d'une politique"

Publié le 15 décembre 2004 à 18:14:00
Alain Olio: "Nous sommes les garants d'une politique"

Alain Olio: "Nous sommes les garants d'une politique"

[IMG33496#L]Pour ceux qui suivent l'OL depuis quelques temps déjà, ils ne l'ont pas oublié. Alain Olio a joué 6 saisons en D1 sous le maillot olympien. Son premier match ? En 1977 contre Reims, succès 2 à 0. Son premier but ? « A Angers, nous avions gagné 1 à 0. Bernard Lacombe m'avait fait la passe décisive... ». Son dernier match à l'OL ? « C'était à St-Etienne en Coupe de la Ligue ; nous avions perdu ». 282 matches dans sa carrière. 6 saisons à l'OL, 13 ou 14 buts, dont un très important sur pénalty un après-midi du 18 avril 1979 contre Marseille pour un succès 1 à 0 dans la course au maintien disputée avec les Phocéens; 2 ans à Dunkerque et puis 3 saisons en D3 à St-Priest...

Alain Olio avait signé sa première licence en 1969 à Sathonay Camp. 12 ans plus tôt, il voyait le jour en Algérie à Bel Abbes. Pied noir aux origines italiennes par ses grands-parents, il se retrouve très vite à Lyon où vit une partie de sa famille. « Je n'ai aucun souvenir de ces 4 premières années de ma vie... ». Lyon donc ; une première licence à Sathonay, puis 2 saisons à l'AS Crépieux (Entente Rillieux), avant d'arriver à l'OL en 1974. « Mon papa m'a soutenu dans ce que je faisais. Il avait été boxeur amateur, catégorie welter. Il aurait voulu passer pro. Il a reporté sur moi ce qu'il n'a pas pu faire ; il s'est beaucoup investi ». Cet ancien milieu de terrain du genre plutôt rude, aussi adroit du pied droit que du pied gauche, se souvient. « J'ai signé mon contrat aspirant en 74. Pour moi, ce fut un moment fabuleux. Je réalisais mon rêve. Et tu sais, la date de mon premier contrat professionnel, le 1 juillet 78, correspond presque jour pour jour à la disparition de mon papa (le 18 juin 78)... Un souvenir heureux et triste».

[IMG33514#R]Une carrière bien remplie. « Je crois que je peux dire que j'ai réussi ma vie professionnelle grâce à la passion et au travail ». Un souvenir parmi tant d'autres. Alain a effectué son service militaire au Bataillon de Joinville et aparticipé à la Coupe du Monde Militaire en Syrie (1977 et une 5ème place) avec Bats, Batiston, Zenier, Tusseau, Ettore, Jeannol, Oscar Muller, Furlan, Domergue... La photo n'a pas tellement jaunie. A-t-il un regret ? « Celui de ne pas avoir fait toute ma carrière à l'OL. L'OL, c'est mon club. Si je suis là aujourd'hui, ce n'est pas un hasard ».

Le joueur se transforme ensuite en éducateur. « J'ai commencé à passer mes diplômes à Dunkerque entre 87-89 et tu vois j'ai fini mon cycle du formateur en 2004. J'ai débuté dans l'entraînement à Jassans (à côté de Villefranche) en Excellence. Puis je suis parti à Valenciennes en tant qu'adjoint de Francis Smerecki. Valenciennes venait d'accéder à la D1. Adjoint pendant une saison, avant de prendre les responsabilités du Centre de Formation. C'était plus dans mes cordes. Je suis allé ensuite à Alès pendant une saison avant de revenir à l'OL en 96-97 pour m'occuper des 15 ans Nationaux. Pendant 3 saisons, je me suis occupé de ce groupe ; c'était la génération Berthod, Clément... ». Un titre de Champion de France, un tournoi de Montaigu. Jacques Santini devenant entraîneur du groupe pro, il rejoint son staff. Il participe aux entraînements tout en étant le superviseur des adversaires des Lyonnais. 2 saisons ; 1 Coupe de la Ligue ; 1 titre de Champion de France... Avant de retrouver la formation et de devenir le Responsable du Centre.

Dans son bureau, en réunion, sur le terrain, en supervision... Alain partage son temps entre plusieurs taches. Et il aime à répéter que son travail est avant tout un travail d'équipe. «Tous ces gens, une trentaine de personnes, qui bossent avec moi sont très importants. Il faut le savoir. Parfois, je regrette qu'ils ne soient pas mis plus souvent en lumière. Seul, tu ne peux rien faire. Nous sommes les garants de la politique sportive du club ; les gardes fous d'une mission. Nos objectifs? Alimenter l'équipe professionnelle avec 1 à 2 nouveaux éléments par saison ; former tout simplement et avant tout. Nous sommes bien sûr en relations avec Paul. Des contraintes de résultats avec nos différentes équipes? Non. Mais bien évidemment quand tu te retrouves en phase finale du championnat de France, tu souhaites ramener le titre. Le sportif prime sur le reste au niveau du recrutement, dans le fait de garder un élément ou pas... mais pas question d'oublier l'aspect scolaire. Il faut amener de la meilleure des façons qui soit le jeune vers la sortie. Cela peut être dans le football, professionnel ou pas, mais aussi en dehors... ».

[IMG33513#L]Alain se dévoile peu à peu. Lui le rude, le sévère avoue avoir éprouvé du bonheur, de l'émotion le soir du Sparta. « Quand tu vois tous ces jeunes formés ici jouer... c'est un grand moment. On sait qu'on les a embêtés souvent; on leur a rabaché nos idées... mais ils sont en train de réussir et nous, on se dit qu'il faut continuer. » Sévère sans être injuste. « C'est très difficile à faire, mais il faut être juste avec tout le monde. Quand je sens que je ne l'ai pas été, je rectifie ma démarche ».

Faire des remontrances, encourager ; manier la réprimande et la caresse... c'est un art qui s'applique aux jeunes. L'art que manie Alain et tous les autres entraîneurs, éducateurs. En l'absence de Robert Valette, le natif de Bel Abbes a retrouvé avec plaisir le terrain aux côtés du groupe CFA. Il suit à la lettre ce qu'il décrit dans son bureau. Colère, irritation, déception, désolation... sentiments exprimés à voix haute. Mais aussi, contentement, félicitations, encouragements, compréhension... exprimés avec autant de force. A croire que ce bonhomme a une double personnalité. Il faut simplement trouver la mesure. « Ma façon d'être avec les jeunes, ne pourrait pas coller avec les professionnels. Là, il faut composer. C'est un autre métier. Moi, il faudrait que je change mon caractère. A priori, je ne pense pas que je suis fait pour çà. J'ai trouvé ma voie avec la Formation et en plus je le fais dans le club de mon coeur ».

Ce métier exige de la passion. « Sans elle, tu ne peux pas l'exercer; je dirais aussi qu'il faut avoir la passion du club ». Alain revient sur ce qui se passe depuis quelques saisons à l'OL. « Ce n'est pas aujourd'hui que le club a des résultats avec ces jeunes. En revanche, tous ces titres chez les pros, c'est vraiment extraordinaire. Et quand un jeune franchit le cap, c'est la récompense du travail de nombreux éducateurs, entraîneurs qui se sont succédés aux côtés de ce jeune. Ils ont tous fait du très bon boulot. Benarfa, par exemple, c'est Gérard Bonneauqui l'a repéré... et je pourrais multiplier les exemples».

[IMG33511#R]Cet "équipier" modèle concède que son métier l'a fait évoluer. « Je suis d'une nature pressée. Là il faut savoir être patient ; il faut laisser du temps au temps ; ne jamais avoir un avis tranché. Tu sais on est là pour accompagner ces gamins pendant une période de leur vie. Et si ils ne réussissent pas dans le football, il faut qu'ils aient appris pour leur vie future... qu'ils se soient enrichis. Alors bien sûr, il y a des choses que tu ne peux pas laisser passer ». Cela arrive-t-il que l'on se trompe sur un élément ? « Bien sûr, qu'on se plante. Les échecs te font avancer... Mais le football, en règle générale, n'est pas injuste... ». Comment repérer un gamin ? « Il y a l'expérience ; et moi, j'aime bien qu'un gamin me fasse penser à un joueur connu, du passé ou du présent... ».

Le Foot ? « Ce n'est plus simplement un jeu à ce niveau. Le plaisir ? Avec la passion... oui. Une définition ? J'aime bien cette formule utilisée dans une Publicité : on ne naît pas tous égaux devant le sport, mais on a le droit de devenir plus fort. Je trouve que cela s'applique à la formation ».

[IMG33512#L]En dehors de ses occupations professionnelles, Alain Olio avoue aimer la lecture. « J'aime lire des romans de Cauvin, Barjavel, Grangier. J'aime tout ce qui touche à la Nature. L'écriture de ces écrivains me transporte ; je m'évade en quelque sorte. Et puis avant de m'endormir, je fais des mots croisés... ». Une chose encore. Si Alain est aujourd'hui dans ce métier, il le doit certainement à Canzio Capaldini qu'il considère comme son père au niveau de la formation -pour lui j'aurais soulevé des montagnes- ; il se plait à citer aussi Aimé Jacquet, Bernard Lacombe, Francis Smerecki... parmi les personnes qui l'ont marqué dans sa carrière.

Avec Alain , il faut passer "une barrière". Il n'est pas toujours facile à aborder; il met une distance en forme de méfiance, de protection. Il veut se faire certainement son idée sur les gens avant de se livrer un peu, beaucoup. Au quotidien avec tous ces gamins, il faut forcément se faire respecter et dans le milieu aussi. On devine qu'il n'est pas du genre à faire des courbettes. On sent que cela bouillonne en lui; qu'il est imprégné de sa mission, du devoir collectif. Il y a ce sentiment d'injustice qu'il entend exclure ; cette envie de faire avancer, progresser « ses » gamins ; sa passion du métier ; son amour du club ; son histoire personnelle et tout ce que l'on croit deviner sous la carapace. Rude? Certainement... Attachant? Assurément.

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