Masculins / Un m�er �'OL

Xavier Pierrot et le service billetterie

Publié le 24 septembre 2004 à 08:21:00
Xavier Pierrot et le service billetterie

Xavier Pierrot et le service billetterie

[IMG32654#L]Après Christophe, le chef cuisinier du restaurant le Tony Garnier, place à une autre personne ; un autre métier. Celui de responsable de la billetterie, le poste de Xavier Pierrot. Xavier nous prévient tout de suite. « Je suis d'accord pour parler de mon travail, mais n'oublie pas de mentionner l'équipe avec qui je fonctionne : Hélène, Nathalie, Carine, Bernard, Charlie, Loïc, qui est là pour 9 mois ; et Robert et René qui sont présents les soirs de match à Gerland. Robert, cela fait 40 ans qu'il bosse pour l'OL et René en est à 25 ans. Les soirs de matches, ils sont mes relais sur le terrain ».

C'est l'histoire d'un gars né à Lyon en 1973, qui a commencé à aller au stade de Gerland vers 14/15 ans, avant de devenir contrôleur en 89. L'atavisme, peut-être ! Son grand père était à cette époque le responsable des contrôleurs. Xavier était déjà passionné de sport en général : l'OL, l'ASVEL, le HCL... Il poursuit ses études dans le domaine de la comptabilité et des finances, préparant un DECF ; continue de travailler à l'OL avec Laurent Toselli, le responsable à l'époque de la sécurité et de la billetterie. Puis, un jour ce dernier lui propose d'intégrer le club pour devenir son adjoint. Nous sommes en 1997 ; et pas le temps, ni peut-être l'envie de passer ce foutu diplôme. En janvier 99, l'OL sépare la fonction sécurité de celle de la billetterie. Xavier devient le responsable de la billetterie ; Cédric Lehmann, celui de la sécurité.

« Finalement, le hasard a bien fait les choses pour moi. Tu n'as pas de formations spécifiques à la billetterie en France ; tout le monde apprend sur le tas, en commençant par faire du guichet. C'est le cas pour toute l'équipe en place ». Xavier le dynamique est heureux. « Je m'éclate dans ce travail. A l'OL, on forme d'une façon générale, une famille et il y a une communion entre l'équipe et les autres salariés. Je ne suis jamais venu au bureau sans ressentir du plaisir. J'ai l'impression que je joue en permanence. Il n'y a pas de routine ; cela bouge sans cesse... ». Pourquoi, cette impression de jouer ? «Tout simplement parce qu'il faut prévoir, anticiper, réagir... Par rapport à chaque match, je propose une tarification au président sur la base de données statistiques ; on définit ensuite un plan de communication avec le Directeur du Marketing . Après cela, je passe le relais à Hélène qui met en place toute la logistique (convoquer les guichetiers, décider des points de vente... Ensuite, en fonction du taux de remplissage, on va gérer le plus souvent la pénurie, et de temps en temps on doit trouver des actions pour vendre les places restantes. La mission prioritaire, c'est de faire le plein du stade à chaque rencontre sans oublier la notion économique Depuis 4 saison, j'ai toutes les données statistiques et j'essaie de définir 1 profil de match sur lequel je travaille. Si la tarification est bien faite, tout le stade doit se remplir à la même vitesse et être plein ou s'en approcher 24 h avant. A chaque match, notre équipe a l'impression de gagner ou de perdre. On fait même des paris, figé 48 h avant le match, sur le nombre de spectateurs. A la fin de saison, cela nous donne l'occasion de faire un bon repas ensemble. Nous avons été très fier la saison dernière de la campagne Pass pour les 4 matches : Guingamp, Le Mans, Ajaccio et Real Sociedad. On en a vendu 5 000. Les records à ce jour ? Dans l'ordre, Porto, Real Sociedad et Manchester».

Parmi les décisions à prendre, il faut aussi s'assurer de la venue des supporters adverses et prévoir le périmètre de sécurité : « 1 200 places dans le virage sud ; 111 en tribune Jean Bouin. Cela permet d'accueillir 2 450 supporters ou 538. Les clubs visiteurs doivent nous donner l'information 10 jours avant le match. »

[IMG31165#R]Xavier et son équipe sont certes dans le présent, mais aussi tournés en permanence vers le futur ; « En ce moment je prépare la venue de Caen, Strasbourg, Fenerbahce, Prague. Mais je sais ce qui se passe pour la venue de Monaco. Tous les soirs, 4 à 5 jours avant une rencontre, j'envoie un rapport au président pour le tenir au courant du taux de remplissage du stade. A 4 ou 500 spectateurs, il n'a pas de surprise. Il faut toujours anticiper. On ouvre de toute façon les guichets 3 à 4 semaines avant pour un match de championnat et 2 mois à l'avance pour une rencontre européenne. Nous sommes le service qui travaille le plus tôt sur un match. Hélène est en relation avec le club visiteur pour le championnat ; moi je le suis pour la Champions League ».

Dans tout cela, a-t-il le temps de regarder la rencontre ? « C'est chaud. Je suis le responsable générale ; j'ai mes relais en la personne de René et Robert. On fait un debriefing à la mi-temps. Quand il y a un problème, il faut réagir tout de suite. La notion d'équipe est importante dans ce cas là, tu peux l'imaginer. On fait un point le lendemain avec Hélène et Nathalie. Et dans la semaine, je mets à jour mes tableaux statistiques. Sinon, le jour de match, en fonction de ce qui se passe je regarde la rencontre généralement à l'angle du virage sud et de la tribune Jean Jaures, voire en tribune. C'est plus facile pour moi que pour mon équipe qui ne peut en aucun cas le faire avant la deuxième mi-temps. Et à la fin de la rencontre, il y a un délégué de la Ligue qui vérifie les billets annulés pour éviter la double billetterie. Il signe la feuille de recette ».

Alors supporter ou simple spectateur ? « Parfois trop supporter. Pendant le match, je vibre et si l'équipe gagne à l'extérieur, je me dis que cela va attirer plus de monde à Gerland. D'une façon générale, il faut savoir cependant relativiser les victoires comme les défaites. Quand tu as vécu les lendemains de Maribor, Liberec, Brême... tu apprends forcément à garder le moral ».

Le club olympien a évolué au fil des ces dernières saisons et cela se ressent dans le travail de Xavier. « Déjà en 97, il n'y avait qu'un service (billetterie et sécurité) et 1 personne. Aujourd'hui, il y a 2 services et 10 personnes ; en 99, pas un seul tarif n'était publié sans que le président ne le valide. Maintenant, c'est différent. Le club a grandi. En France, nous n'avons plus grand-chose à apprendre dans notre domaine, même si on reste à l'écoute. Nous avons de bons contacts avec Monaco, Bordeaux, Lens... ; à l'étranger, de nombreux clubs sont mieux structurés. Je pense par exemple aux contrôles d'accès au stade pour les abonnés en Allemagne, en Hollande... J'aimerais bien que nous progressions bientôt dans ce domaine ».

[IMG32652#L]Le boulot, le boulot... d'accord, mais en dehors ? Je fais du sport ; je joue ave l'équipe de foot d'OL Corpo au poste d'arrière gauche; je fais du VTT., du badminton. Je ne peux pas m'en passer. C'est une évasion avant tout Je profite aussi de mon fils. Je suis allé avec lui à Chicago cet été. Mais tu coupes difficilement avec le métier. Aux U.S j'étais relié au club par Internet. L'hiver je fais du ski de piste ; j'aime bien les sports qui bougent (un peu de Karting...). D'une façon générale, la billetterie n'est jamais en vacances et dans le service, nous sommes obligés de partir chacun notre tour. » Sait-on que dès le mois de février/mars, il lui faut penser à la prochaine tarification, aux abonnements de la saison suivante ...

Et pour finir, est-il optimiste pour la saison de l'OL : « Oui, surtout depuis les arrivées de Wiltord, Nilmar ». Au fait quelles qualités faut-il pour travailler dans ton service : « La rigueur, le sens de l'accueil et savoir anticiper le futur ».

Sur le même thème