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Yves Colleu: "Ce jour de match... c'est l'essentiel"

Publié le 07 septembre 2004 à 16:01:00
Yves Colleu: "Ce jour de match... c'est l'essentiel"

Yves Colleu: "Ce jour de match... c'est l'essentiel"

[IMG30175#L]Après Robert Duverne, Abdel Redissi, Jean-Jacques Amprino, Rémi Garde, Guy Genet « jour de match » fait une halte avec Yves Colleu, 42 ans, joueur il y a quelques saisons, déjà, à St-Etienne (21 matches de Ligue 1), Tours (9 matches ligue 1), Angoulême et Quimper avant de s'orienter vers la fonction de formateur à Quimper puis d'entraîneur à Rennes et l'OL depuis l'été 2003 (la saison 2002 comme observateur des équipes adverses).
Cet introverti qui aime aller vers les autres définit de façon très clair ce qu'il ressent en faisant son métier : « Il y a beaucoup de moments difficiles, durs, stressants avec quelques petits moments de très, très grands bonheur. Et cela vaut tous les sacrifices et difficultés consentis. Je ne conçois pas mon métier sans la compétition. La compétition, ce jour de match, c'est l'essentiel ! ». En route, avec lui, vers ce moment si particulier.

Yves, que fais-tu un jour de match ?

« Je continue à travers la journée à préparer le match en affinant notre analyse sur l'adversaire, sur notre jeu. Je pense aussi à la semaine qui va suivre. Chaque matin de match, je courre, minimum 30 minutes avec Paul, Abdel... C'est une volonté de rester en forme physiquement ; c'est aussi une façon de s'évader. J'essaie de suivre le rythme de Paul ; on parle d'un match que l'on a vu la veille à la télé, de ce que l'on a lu le matin dans la presse, ou de choses en dehors du football. C'est une journée particulière. L'attente est difficile, voire douloureuse. On aimerait être tout de suite dans le match. Toutes ces heures engendrent du bonheur. Nous sommes des privilégiés. Quand tu joues contre le Celtic de Glasgow un match décisif pour une qualification aux huitièmes de finale de la Ligue des Champions, tu as une boule au ventre, du stress, mais aussi de la joie. Les sentiments s'entrechoquent. »

[IMG31646#R]Comment vis-tu le match sur le banc ?

« Je le vis comme un entraîneur. J'analyse ; j'essaie de ne pas m'énerver ; j'échange avec Paul. Je prends parfois des notes pendant la rencontre. Après, je le fais régulièrement, notamment sur les coups de pied arrêtés. Je signale au 4eme arbitre les changements que Paul a décidés de faire. Parler aux joueurs ? Pendant la rencontre, c'est toujours difficile. C'est plus facile avant et à la mi-temps. Après le match, il y a toujours ces discussions à chaud. Les échanges les plus concrets ont lieu le lendemain ou dans les jours qui suivent. Mais à Lyon, tout s'enchaîne très vite. Quand tu disputes 2 à 3 matches par semaine, il faut vite penser à la rencontre qui vient. Tu n'as pas le temps de ressasser... ».

Ta perception des choses est-elle différente de celle que tu avais joueur ?

« Je l'ai déjà dit plusieurs fois : joueur et entraîneur, ce n'est pas du tout la même chose. Joueur, tu ne penses qu'à toi. Entraîneur, tu es tourné vers les autres. Quand tu regardes un match, il y a un sentiment d'impuissance. C'est plus facile de voir ce qu'il faut faire sur un terrain que de le faire. Mais comme tu as été des 2 côtés, tu comprends plus aisément les choses... Le match par rapport à l'entraînement ? Tout au long de la saison, il y a un fil conducteur lors des entraînements sur lequel on vient greffer des petits détails particuliers. J'ai envie de dire que tout ceci se fait de manière presque automatique ».

Yves nous l'avait déjà confié, la première chose qu'il fait en arrivant au stade, le jour de match, c'est de mettre noir sur blanc les coups de pied arrêtés défensifs et offensifs en y associant le nom des joueurs appelés à disputer la rencontre.

[IMG31017#L]Au fait, comment es-tu dans le vestiaire avant et après le match ?

« Le jour de match, tout est diff©rent. Tu sens la tension, la préparation si particulière... Tout ceci est palpable. Mais, il n'y a pas de vérité dans ta perception des choses. Ceux qui disent qu'ils peuvent fermer les yeux, et prévoir ce qui va se passer... j'ai du mal à le croire. Moi, il m'est arrivé d'avoir des certitudes et de me tromper complètement. Alors... Après, j'ai du mal à me « lâcher ». Ce n'est pas ma personnalité. Je ne critique en aucun cas ceux qui le font. Je ne me sens pas moi-même tout simplement. Mais je suis capable de dire à un joueur qu'il a fait un bon match. Je le fais toujours en aparté, car j'ai le souci du groupe et je ne veux mettre personne mal à l'aise. Quant à mon retour chez moi, j'ai souvent du mal à m'endormir, parce qu'il y a eu tension, excitation, même si je ne suis pas un excité de nature ».

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