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Rémi Garde: "Toujours un moment particulier"

Publié le 07 septembre 2004 à 12:21:00
Rémi Garde: "Toujours un moment particulier"

Rémi Garde: "Toujours un moment particulier"

[IMG32451#L]Qu'il ait été joueur de football, défenseur ou milieu de terrain, à L'OL d'abord jusqu'en 93, artisan en autre de la remontée en D1, puis à Strasbourg de 93 à 96, et enfin à Arsenal de 96 à 99, champion d'Angleterre et Coupe en 98, ou encore International français à 6 reprises. Qu'il fut ensuite un consultant très agréable à écouter sur une chaîne télé cablée. Qu'il soit aujourd'hui membre du staff de Paul Le Guen depuis la saison dernière, chargé de superviser les équipes adverses... ce gars là a toujours la même attitude posée, passionnée mais de manière introvertie, intelligente.. il s'exprime en mots choisis... Entre son passé et ce présent, il ne peut, forcément, laisser indifférent d'autant qu'il représente à merveille le club olympien. Né il y a 38 ans à l'Arbresle, Rémi Garde vit son jour de match de façon particulière, présent ou absent. Juste avant de nous confier ses impressions, l'ancien capitaine lyonnais venait de participer avec le goupe, mais aussi avec Paul Le Guen et Joël Bats, à une solide séance de foncier, où il ne s'était pas ménagé en avouant -qu''il aimait trop le sport, l'exercice physique pour avoir su calculer un jour ses efforts-!

Rémi, explique nous ton jour de match ?

« Cela dépend forcément si je suis là ou en déplacement pour superviser un futur adversaire. Quand j'assiste à une rencontre de l'OL, à Gerland par exemple, j'arrive au stade 90 minutes avant le coup d'envoi. Je regarde la rencontre avec Bernard Lacombe. J'aime bien son avis tactique, technique. Ensemble, on analyse le jeu en lui-même. Nous sommes souvent assis en hauteur dans l'espace réservé à la sono. En restant en tribune, tu as tendance à sortir de la rencontre. Là tu es isolé. J'apporte à Paul un retour de ce que j'ai vu sur notre prestation, tout en restant à ma place. D'être au stade et de voir les choses d'en haut permet d'avoir un meilleur jugement par rapport à ceux établis sur cassettes. Il n'y a pas le filtre du réalisateur ».

Et quand tu es sur un autre stade pour superviser un adversaire ?

« Je regarde le match. J'ai un petit carnet et un crayon ; je note les choses sans ordre précis. Je fais mon rapport sur ordinateur, le plus souvent, dans la foulée pour ne pas perdre mes sensations. Pendant le match, si l'OL joue en même temps, le texto fonctionne ! Toutes les 15 minutes, je me tiens au courant du résultat de l'OL ; en Ligue des Champions, l'évolution du résultat est parfois donnée dans le stade. 1h à 1h ½ après le match de l'OL, j'ai eu au téléphone les personnes du staff pour discuter du match de notre équipe et de temps en temps nous parlons brièvement de ce que j'ai vu. Je pars généralement la veille et je rate le dernier entraînement de Paul. Je ressens une petite frustration à ne pas être tout le temps avec le groupe, mais j'ai, avant tout, la notion d'équipe. Je sais pourquoi je suis là. C'est quand même supportable ».

[IMG32452#R]Comment vis-tu ce jour de match ?

« C'est toujours un moment particulier. C'est bien sûr différent de mon ancien rôle de consultant où je devais avoir de la retenue vis à vis de l'OL. Là, je suis partie prenante. Quand l'équipe perd, je passe une mauvaise nuit. Il y a une forme d'excitation, mais elle est différente de celle du joueur. Quand tu arrêtes ta carrière, tu es content au début ; tu es soulagé de laisser ton corps, ton esprit au repos ;mais après il y a rapidement un manque ; le manque du stress, de l'effort, du réconfort, des joies, des peines... Dans mon travail actuel, je ressens de nouveau ces choses là. C'est une drogue avec laquelle on a toujours vécu. Mais c'est différent. Quand tu arrªtes de jouer, c'est fini ; ces moments là sont uniques. C'est une petite mort. Joueur, tu es avant tout égoïste ; aujourd'hui, je suis tourné vers les autres, même en étant plutôt discret, introverti. Ce n'est donc pas un prolongement de carrière. Je suis de l'autre côté et il faut faire fonctionner « le truc ». Tu vois, il n'y a pas de rituel avant les matches, comme lorsque j'étais joueur ; il n'y a pas ce côté physique qu'engendre le match ».

Qu'apporte la supervision de l'adversaire ?

« Elle apporte des informations ; conforte des impressions. J'essaie donc, surtout pour les adversaires européens, d'apporter un plus à Paul. Mais, il n'y a pas une systématique entre le match, le résultat et ce que j'avais vu. Ce serait trop facile et même dangereux. On veut avant tout limiter les surprises en supervisant un adversaire. Il est vrai que cette supervision a un côté gratifiant ; ce fut le cas notamment la saison dernière en Ligue des Champions ».

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