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Guy Genet: "Tout se passe avant..."

Publié le 03 septembre 2004 à 13:57:00
Guy Genet: "Tout se passe avant..."

Guy Genet: "Tout se passe avant..."

[IMG32433#L]Le « jour de match » se poursuit avec Guy Genet, le coordinateur sportif appelé parfois intendant. Guy est né le 14 août 1955. Il a joué à l'Olympique Lyonnais de 1976 à 80, puis à Nîmes de 80 à 82, Alès 82-83 et Villefranche-sur-Saône 83-84. Il a arrêté sa carrière à 29 ans. Pourquoi ? « A Nîmes je me suis fait une rupture du long péronier latéral de la jambe gauche. J'ai mis plus d'une saison pour m'en remettre, alors que les médecins nîmois me prédisaient la fin de ma carrière. J'ai d'ailleurs rejouer pour la première fois contre Nîmes avec Alès -une grande joie et une belle revanche-. Après à Villefranche, je me suis fait une rupture des ligaments croisés du genou gauche. Cela a mis fin à mes activités professionnelles. Et plus tard avec l'équipe des Gônes de Lyon, j'ai eu le même problème. Ce problème à la cheville à Nîmes, n'arriverait plus aujourd'hui. J'ai joué 6 mois avec des infiltrations. Le mal ne passant pas, je suis allé voir moi-même le chirurgien qui m'a opéré... ».
Guy est revenu au club en 1989 comme éducateur et il occupe son poste de coordinateur sportif depuis 1995.

Guy, peux-tu me dire quand commence ton jour de match ?

« Les jours avant. Tout se passe avant. Sinon, je pars avec les joueurs. A domicile, je reviens à Tola Vologe vers 9h 30 ; je prépare toutes les affaires et je vais à Gerland 2h 30 à 3h avant le début de la rencontre. Je dépose les maillots, shorts... à la place de chaque joueur. Je gonfle les ballons pour nous, pour les adversaires et pour le match... au total une trentaine. Pour les matches à l'extérieur, je reste tout le temps avec les joueurs ; je pars au stade 45 minutes avant l'arrivée des joueurs pour faire la même chose qu'à Gerland. Dans le vestiaire, je suis discret. On connaît les habitudes des joueurs. Avec certains, comme Greg, Sidney, autrefois Cavé, tu peux plaisanter… avec d'autres, tu respectes en silence leur préparation».

Que fais-tu pendant le match ?

« Je suis attentif au moindre pépin qui pourrait être de mon ressort. Sinon, je suis sur le banc, souvent à côté du Doc et vers les remplaçants. Moi le Lyonnais, au club depuis 1971, je vis le match comme un supporter privilégié. C'est mon club pour la vie ; mais je ne montre pas mes émotions ; je les intériorise. Alors, je reste discret. Je partage les bons et les mauvais moments ».

[IMG32432#R]Que fais-tu dès la fin de la rencontre ?

« Je récupère tous les équipements ; je range et je reviens à Tola Vologe pour les mettre à la laverie. S'il y a un match trois jours après, je commence souvent la préparation. Je finis parfois à 2h du matin. Si l'équipe a gagné, tout est plus facile ; en revanche, avec une défaite, j'ai du mal à trouver le sommeil...

Parle moi de ce travail préparatif ?

« Les gens ne peuvent pas s'imaginer. En fait, plus je suis invisible le jour de match et mieux je me porte. Cela veut dire qu'il n'y a pas de problèmes. Pour chaque match, on prépare, avec Didier Rajat, 2 jeux de maillots, de shorts et chaussettes. Il faut savoir que les joueurs changent de maillot à la li-temps, parfois de short. Les chaussettes, cela peut aller, en fonction des conditions climatiques jusqu'à 3 paires par joueur. Les maillots sont réutilisés, mais souvent les joueurs les donnent. Dans ces cas là, ils les payent, sauf en Ligue des Champions.
Quand on joue à l'extérieur, on prépare 2 jeux différents. Sur une saison, cela donne des chiffres impressionnants : 700 maillots pour le championnat, 700 maillots pour la Coupe d'Europe sans parler des maillots de gardien. Pour chaque match, je prépare 4 à 5 tenues différentes pour Greg en 2 exemplaires. On utilise 300 ballons par saison. En Coupe d'Europe, en déplacement cela correspond à 7 ou 8 malles ; en championnat pour des raisons pratiques, cela se transforme en 2 malles et 4 à 5 sacs. Et puis, il y a les licences . Je peux te dire que je vérifie une, deux, trois... dix fois que je les ai avec moi... Imagine que j'oublie une licence.... Je connais des intendants qui se sont faits virer pour les avoir oubliées. Il y a donc beaucoup de travail. Il m'est arrivé d'apporter du travail chez moi et de faire bosser ma femme et ma fille! Je participe, avec OL Voyage à l'organisation de nos déplacements. Avant je m'occupais de A à Z, avec Olivier Blanc; de la logistique déplacement, j'accueillais les nouveaux joueurs ; je leur cherchais les maisons ; je les accompagnais aux visites médicales ; je définissais la gamme de produis ; je me chargeais des contrats voitures... j'ai même participé aux plans du centre. Pendant 5 ans, je n'ai pas pris de vacances. Aujourd'hui, c'est un peu différent ».

Ton travail a-t-il changé ?

« Oui. Mais parfois, je me dis surtout,et je le regrette,qu'il y ait moins de partage, de confidences avec les joueurs. Par exemple, après un match, avant, on se retrouvait. Là, le plus souvent, je rentre seul. C'est dur et je ressens une forme de frustration....Mais je suis content, parce que je suis dans mon élément, même si je n'étais pas destiné à faire un travail en dehors du terrain. J'ai eu l'opportunité ; je l'ai saisie. Ce qui est marrant c'est qu'avant mon job commençait quand j'entrais sur le terrain ; maintenant il s'arrête devant le rectangle vert ! Je ne suis pas aigri. Je regrette simplement qu'en raisons de mes ennuis de santé (rhumatismes articulaires) je ne puisse pas avoir une activité physique régulière, même si depuis quelques temps, je commence ma journée par un footing d'une vingtaine de minutes dans le Parc à côté de Tola Vologe. Si un gourou pouvait me guèrir... ».

[IMG32431#L]As-tu quelques anecdotes ?

« Récemment, pour la venue de Lille, l'intendant nordiste s'est planté de couleur de maillot. Et pourtant, on reçoit pour chaque match une confirmation de la Ligue. Cet intendant a pris les maillots bleus au lieu des rouges prévus. Du coup, il a fallu que je revienne à Tola Vologe pour changer le maillot de Greg. Parfois, les joueurs qui ne s'occupent que de leurs crampons, serviette de bain et protège tibias, oublient un de ces éléments. Je m'arrange pour que cela passe inaperçu... Mais la plus grosse mésaventure remonte au jour du premier match d'Edmilson avec l'OL. C'était à St-Etienne. Nous avions les mêmes shorts blancs que les Stéphanois ; le match était télévisé et l'arbitre, M. Gilles Veissière n'a pas accepté que nous jouions avec ce short. J'avais oublié le jeu de rechange... Les Stéphanois nous ont prêté des shorts longs noirs que nous avons coupés au ciseau... Quel énervement ! Heureusement le président Jean-Michel Aulas a calmé les esprits. Cette fois là, on a parlé de l'intendant de l'OL !

Pour finir que fais-tu en premier les jours de match quand tu arrives au stade ?

« A Gerland, je dis bonjour au gars de la sécurité et puis, il y a toujours quelqu'un qui amène des biscuits... Sinon, il m'est arrivé, quand je les gonfle, de parler en plaisantant aux ballons, en leur demandant d'être sympa avec nous... ».

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