Masculins / Un jour de match

Abdel Redissi: "Toujours en éveil... toujours disponible"

Publié le 02 septembre 2004 à 13:46:00
Abdel Redissi: "Toujours en éveil... toujours disponible"

Abdel Redissi: "Toujours en éveil... toujours disponible"

[IMG31639#L]Après le « jour du match » du préparateur physique et du médecin, l'un des kinésithérapeutes du club, Abdel Redissi nous a parlé de ces heures si particulières. Abdel est né à Methovia, à côté de Gabes (Tunisie) le 23 mai 1966. Il y retourne une fois an pour retrouver la famille (ses grands-mères, oncles, tantes...). La famille qu'il place au dessus de tout, même avant sa propre réussite. Ce grand gamin, c'est lui qui le dit, continue de taper officiellement dans le ballon avec le club de Meyzieu (promotion d'Excellence) ; avec le temps, il a troqué son maillot d'avant centre pour celui de milieu de terrain défensif, voire de libéro. Et il ne se contente pas de son rôle de joueur, il est aussi éducateur.

Abdel, quand commence ton jour de match ?

« La veille. On part, systématiquement, en même temps que l'équipe. Après le dîner, on va s'installer dans une chambre, où on a enlevé le lit, remplacé par 2 tables de massage. Et là avec Patrick Perret (l'autre kiné du club), nous faisons des soins ou des massages ; le plus souvent des massages. Certains viennent se faire masser avant chaque match ; d'autres pas à chaque fois. Lorsque les matches sont rapprochés, nous avons de plus en plus de joueurs.On bosse de 20h 30/ 21h jusqu'à minuit. L'intérêt d'avoir une chambre rend les choses plus conviviales. Les autres joueurs passent ; la télé est allumée ; on discute. On voit si le joueur a des tensions musculaires ou non ; s'il est bien psychologiquement. Ce sont des massages de récupération qui durent en moyenne de 30 minutes à 90 minutes. Ils sont lents contrairement à ceux de l'avant match qui durent entre 2 et 5 minutes et sont très toniques ».

[IMG32426#R]Alors ce jour de match ?

« Il n'y a pas de massage comme la veille. Cela casse les jambes ; ni de soins, parce que ce serait mauvais signe. On laisse les joueurs tranquilles. On est présent à la promenade, au repas. Nous sommes à la disposition du groupe. A domicile, j'en profite pour faire un footing : de l'hôtel à Tola Vologe ; à l'extérieur, je le fais avec les coachs. Cela dure entre 30 minutes et 1h. Dès que j'arrive au stade, il faut préparer le matériel ; on met en place, avec Patrick, les pommades, les bandes... puis on commence par les straps avant les massages. Ces derniers sont donc toniques, courts, stimulants. Ils sont beaucoup plus fatigants pour nous. On utilise de l'huile, de la crème chauffante. En fonction des habitudes, du temps, on sait ce qu'on a à faire. Certains ne veulent que de l'huile chauffante ; d'autres que de la crème. Quand il fait chaud, on peut passer à la mi-temps de la crème rafraîchissante sur les jambes. Pendant l'échauffement, on reste en éveil. Moi, je rentre tout le temps le premier au vestiaire dès que Greg a fini son échauffement. Patrick reste sur la pelouse. C'est une habitude. Cela évite de se poser des questions inutiles, de perturber le joueur. Je suis donc à la disposition de Grégory. Il y a des petits trucs que je ne dévoilerais pas. Puis les autres joueurs arrivent. On les aide pour les derniers petits détails ».

Explique-nous ton match ?

« Je suis sur le banc, toujours en alerte en faisant bien attention aux coups pour pouvoir intervenir éventuellement de manière efficiente. Le Doc entre à chaque fois ; avec Patrick, on intervient une fois chacun. En Coupe d'Europe, en raison du nombre de places limitées sur le banc, on se partage le travail par mi-temps.
Pendant la mi-temps, on est à l'écoute ; s'il y a des soins à faire, on les faits. Sinon, il peut y avoir de petits massages, des étirements...Si un blessé sort à la mi-temps, on pratique les soins immédiatement. On ne laisse jamais un joueur tout seul. A la fin du match, on fait la mise au point avec le Doc. On donne les premiers soins d'urgence si nécessaire. Avec le décrassage le lendemain, on ne masse pas ».

[IMG32425#L]Est-ce un jour particulier ?

« Forcément. Il y a de la tension, de la pression. On ressent tout ce qui est lié à la compétition sportive de haut niveau. On vit tout ce qui se passe dans le groupe ; on partage tout. Quand le match est terminé, surtout s'il n'y a pas eu de blessures et si en plus il y a eu le résultat, on décompresse. Tu ressens alors la fatigue ; tu es excité et personnellement, je dors mal la nuit. Ces heures là constituent un privilège... pas toujours facile. Mais moi qui aime le sport et le pratique, j'ai le bonheur de faire mon métier dans le sport que j'aime. Je n'imagine pas être kiné dans un domaine sportif qui ne me plait pas. C'est une superbe aventure humaine. Tu t'enrichis en côtoyant différentes personnes. Et puis, il y a ces petits trucs entre nous, rien qu'à nous... Il doit y avoir cette relation de confiance entre le kiné et le joueur; elle est obligatoire».

Que fais-tu en premier les jours de match, en arrivant à l'entraînement ?

« Le jour du match, je dis bonjour aux « anciens » qui sont devant la porte des vestiaires et je prépare le matériel. Le matin en arrivant à l'entraînement, je dis bonjour aux entraîneurs et on voit s'il y a des « sujets d'actualité ». Abdel participe aussi à la reprise des blessés; il les accompagne dans leurs premiers footings. "J'aime çà et c'est en plus sympa pour le joueur; il n'est pas tout seul à en baver".

Tes meilleurs souvenirs et tes plus grosses peines ?

De façon très égoïste, c'est lorsque Bernard Lacombe m'a fait entré en jeu lors d'un match amical à l'île Maurice et lorsque Jacques Santini en a fait de même à St-Tropez contre Monaco. Un bonheur de gamin. Sinon collectivement, c'est le jour du titre de champion de France contre Lens. J'étais ce soir là, et pas le seul, aux bords des larmes. La plus grosse peine, c'est la disparition de Luc Borelli et de Marco Foe, 2 mecs super avec qui je m'entendais vraiment bien... ».

Pour terminer as-tu une habitude le jour du match ?

« Oui. Après avoir pris un café avec quelques joueurs, je monte toujours en dernier dans le bus ».

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