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Robert Duverne: "Un moment génial"

Publié le 31 août 2004 à 12:40:00
Robert Duverne: "Un moment génial"

Robert Duverne: "Un moment génial"

[IMG32403#L]Dans une saison, il y a le quotidien (entraînement, repos, déplacements...), et le jour du match. Le match étant bien évidemment, à ce niveau de la compétition, la finalité des efforts consentis au fil du temps. Quel est le rôle du médecin, du kiné, de l'intendant, du préparateur physique... le jour de match ? Nous allons nous attacher à le décrire. En commençant aujourd'hui par le préparateur physique Robert Duverne.

Robert, peux-tu nous parler de ton rôle le jour d'un match ?

« Sur la journée, je n'interviens pas avant l'arrivée au stade. Là, je donne le timing aux joueurs en leur disant : dans 10 minutes... dans 5 minutes... début de l'échauffement. Je le fais tout le temps. Cela évite aux gars de me poser plusieurs fois la question. Cela met aussi du tempo entre les massages et la préparation même. Je me suis inspiré du monde du spectacle où l'on prévient les artistes régulièrement avant les 3 coups ».

Quel est le planning exact de cette préparation ?

« Cela dépend bien évidemment de l'heure du match, du protocole, de l'éloignement des vestiaires par rapport au terrain (Bordeaux)... Mais en règle générale : pour un match de championnat à 20h, les gars sortent à 19h 27 et pour un match de Ligue des Champions fixé à 20h 45 la mise en place débute à 20h 07. Il faut que l'échauffement dure 20 minutes ».

Quel est le détail ?

« Pendant 1 à 2 minutes, c'est une mise en route libre. Puis, cela devient une mise en route collective pendant 6 à 7 minutes. Travail d'appuis, mobilisation articulaire généralisée avec une augmentation progressive du rythme cardio-respiratoire. Les gars passent de la vie normale à celle d'un sportif préparant une compétition. Après toujours pendant 6 à 7 minutes, il y a un travail avec ballons par groupe de 3 ou 4 joueurs. Au bout de 3 minutes, je demande plus d'intensité dans les échanges de ballon et les courses. Les joueurs doivent se rapprocher des gestes du match. A la fin de cette séance, on se rassemble pendant une bonne minute. Les joueurs boivent, s'étirent, se parlent, se motivent.
[IMG31735#R]On enchaîne ensuite avec de la vitesse pure ou avec ballon. Cela dépend. Là ils sont déjà dans les conditions psychologiques pour jouer. Les consignes ont été données par le coach ; elles sont rappelées. Sur la pelouse, pendant l'échauffement lorsqu'on se parle on aborde les moyens précis pour bien débuter la rencontre. Il faut à cet instant du concret. Puis, ils finissent individuellement pour avoir des sensations par rapport à leur poste (jeu de tête pour un défenseur, travail devant le but pour un attaquant...). Il y a enfin, un dernier regroupement collectif, les ultimes encouragements. Tout ceci favorise l'esprit de groupe, la solidarité qu'il doit y avoir pendant le match. Ce serait bien d'ailleurs que Gerland communique encore plus avec ses joueurs à cet instant. Et c'est ensuite le retour aux vestiaires... »

Comment vis-tu cette préparation ?

« C'est un moment intense, particulier. Il faut aussi que je sois vigilant par rapport aux comportements individuels. Il y a des joueurs expérimentés et des jeunes. Il faut être à l'écoute de chacun. C'est le moment où le joueur se transforme en équipe, contrairement à l'entraînement où cela n'arrive jamais. Pour moi, c'est un moment génial. J'adore la compétition".

Quel est ton rôle pendant le match ?

« D'abord, j'encourage, j'essaie de les sublimer. J'ai toujours mon chrono avec moi. Je surveille en permanence le temps ; je renseigne le banc, les joueurs. Pour l'©chauffement des remplaçants, ils le font généralement sans moi. Sauf à la mi-temps, si le coach a décidé de faire appel à un gars. Mais autrement, c'est délicat, parce qu'on ne sait pas quand le joueur va effectuer son entrée. Et puis, en fonction de l'âge du banc, j'interviens plus ou moins pour l'aider à être dans le match. Sinon, je vis bien, d'une façon générale, les 90 minutes. A la fin, je ne suis ni fatigué, ni énervé. Je n'ai pas de superstitions. Et je m'endors bien ».

[IMG32404#L]Un stade en Ligue 1 que tu apprécies particulièrement pour cet échauffement ?

« Après Gerland, Geoffroy-Guichard ! Parce que c'est forcément un moment fabuleux. Le moment du derby. Il y a de l'émotion. Et puis, je n'ai jamais perdu là bas. En plaisantant, j'aime à dire que St-Etienne, c'est notre quatrième adversaire de Ligue des Champions... Rhône-Alpes ! »

Enfin, quelle est la première chose que tu fais en arrivant au stade ?

« Je vais sur la pelouse. C'est magnifique un stade. Comment veux-tu que je me prive de ce moment de bonheur... ».

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